Ecole St-Feuillen

Mise à jour : 09/12/2013 15:15:48

HISTORIQUE DE

L’ECOLE SAINT-FEUILLEN

A FOSSES- LA-VILLE

 

1879-1880          1979-1980

 

 

MONOGRAPHIE REALISEE A L’OCCASION DU CENTIEME ANNIVERSAIRE DE LA CREATION DE L’ECOLE

Par Monsieur Roger ANGOT

 

TABLE DES MATIERES.

 

Ouvrages et documents consultés. Sigles utilisés I - III

Avant – propos IV

Chapitre I – La création de l’Ecole 6

Chapitre II – Le complexe scolaire Saint-Feuillen 9

Chapitre III – Qui était Monsieur Lallemand ? 13

Chapitre IV – L’Ecole Saint-Feuillen sous la direction de Monsieur Emile Lallemand 17

Chapitre V – Sous la direction de Monsieur Charles Deschamps 25

Chapitre VI – Sous la direction de Monsieur Alexis Delvigne 27

Chapitre VII – Sous la direction de Monsieur Michel Wénin 30

Annexe I – Allocution prononcée par Monsieur Michel Wénin, à l’occasion de l’inauguration des nouveaux locaux scolaires, le 23 septembre 1978 37

 

Annexe II – Homélie prononcée par R.P. J. Guillaume, à l’occasion du Centenaire de l’Ecole 40

 

Annexe III – Allocution prononcée par Monsieur Le Doyen Pol Bero, à l’occasion du Centenaire de l’Ecole 42

 

Annexe IV – Composition actuelle du Pouvoir organisateur de « Ecole primaire et gardienne libre subventionnée mixte Saint-Feuillen », place du Chapitre, 4 – 5660 Fosses-la-Ville, et Composition actuelle de l’Association des parents 44

 

Plan n° 1 45

 

Plan n° 2 46

 

Plan n° 3 47

 

Plan n° 4 48

I

OUVRAGES ET DOCUMENTS CONSULTES.

J. Crépin - " Les Cloches de Saint-Feuillen ", Bulletin paroissial de Fosses, revue mensuelle, numéros 1 à 47 (mars 1923 - novembre 1926).

G.H. Dumont - " Histoire de la Belgique ", Hachette, Imprim. en France par Firmin Didot S.A., 1977, 566 p.

F. Van Kalken - " Histoire de la Belgique et de son expansion coloniale ", 0ff. de Publicité, S.A., Editeur, rue Marcq, 16, Bruxelles,1954 , 869 p.

Le " Messager de Fosses », 1ère année, hebdomadaire du canton, 1879 (en dépôt chez Mr A. Duculot, rue J. Wauters, Falisolle)

Le « Messager de Fosses », de 1930 à 1945 (en dépôt chez Mr J. Romain, Avenue des Combattants, Fosses-la-Ville)

Le « Courrier de Fosses », hebdomadaire du canton, de 1945 à 1948 (chez Mr J. Romain, Fosses-la-ville)

Le « Messager de Fosses », de 1949 à 1976 (chez Mr J. Romain, Fosses-la-Ville)

 

« Almanach populaire du canton de Fosses », de 1892 à 1911 (chez Mr A. Duculot, à Falisolle)

Archives de l'Ecole Moyenne de l'Etat, à Fosses:

- " Registre aux délibérations de l'école moyenne de Fosses " (Séances du 22.09.l877 et du 06.01.1879) .

- " Comptes rendus de la distribution des prix faite aux élèves ",1e 11.08.1878 et le l4.o8. 1879.

Archives de l'Ecole Saint-Feuillen:

- " Rapports annuels officiels " de 1894-1895 à 1905-1906 (doubles).

- " Rapports annuels sur la situation de l'Ecole ", de 1907-1908 à 1946-1947 (doubles).

- " Situation de l'Ecole au 1er octobre " (de chaque année), de 1935-1936 à 1947-1948.(doubles )

II

  • " Rapports annuels de l'Enseignement catholique ", de 1924-1925 à 1960-1961 (doubles )
  • " Liste d'inscription des enfants ayant droit à l'instruction gratuite ... " , de 1896-1897 à 1912-1913. "
  • "Rapports annuels " - Ecole d'adultes; du 31.12.1900 au 30.12.1905 (doubles).
  • " Registre du Personnel enseignant et relevé des développements annuels ", du 01. 11.1927 au 30. 11.197O.
  • Farde O: " Devis des Ecoles St-Feuillen en 1879-1880 ".
  • Farde 1: " Correspondance ".
  • Farde 2; " Documents relatifs à la construction de l'Ecole Saint-Feuillen "
  • Farde 3: " Etude du Doyen Crépin relative à l'Ecole et au Patronage Saint-Feuillen ".
  • Farde 4: " Démarches effectuées en 1912-13 et 14 pour obtenir des Frères à l'Ecole Saint-Feuillen ".
  • Farde 5: " Recherche concernant le mur de soutènement du chemin de " Sins Tons ".
  • Farde 6: " Emplacement de l'Ecole. Plans divers ".
  • Farde 7: "Allocution prononcée, le 23.09.1978, par Mr Michel Wénin, Directeur, à l'occasion de l'inauguration des nouveaux locaux ". Journal " Vers l'Avenir " du 27 septembre 1978: " Ciel bleu et salve d'honneur à Fosses-la-Ville - Inauguration de nouveaux locaux scolaires à l'école libre ".
  • Farde 8: " Centenaire de l'Ecole ", 14 septembre 1980 :
    1. Homélie du R.P. J. Guillaume, ancien élève de l'Ecole Saint-Feuillen;
    2. Allocution prononcée par Monsieur l'abbé Pol Bero, révérend Doyen de Fosses-la-Ville.
  • Farde 9 :

1) Documents établis par Monsieur Michel Wénin, Directeur de l'Ecole :

a. Situation du Personnel enseignant de 1974-1975 à 1980- 1981 ;

b. Composition actuelle du Pouvoir organisateur ;

c. Composition de l'Association des parents;

d. Chiffres de population scolaire de 1958-1959 à 1980-1981.

2) Documents émanant de Monsieur Léon Loiseau, de Fosses-la-Ville, relatifs aux travaux effectués à Saint-Feuillen, de 1957 à 1973.

3) Notes et croquis relatifs à l'évolution du complexe scolaire.

III

Archives communales:

1) " Index n° 11 ": concerne Monsieur Emile Lallemand et sa famille. (Farde 9).

2) Composition de la famille Lallemand-Doffagne. (Farde 9).

SIGLES UTILISES

A.E.S.F. : Archives de l'Ecole Saint-Feuillen.

A.E.M.E. : Archives de l'Ecole Moyenne de l'Etat.

O.C. : Ouvrage cité.

 

IV

AVANT-PROPOS.

C'est à l'occasion du Centième anniversaire de la création de l'Ecole que fut décidée - avec l'accord du Pouvoir organisateur et de la Direction de l'Ecole – la réalisation d'une monographie limitée, retraçant à grands traits, l’historique de l’Institution.

Certes, les archives - bien que très incomplètes - ne manquent pas ; elles permettraient la rédaction d’un ouvrage de 200 à 250 pages, sinon davantage.

 

Mais, là, n'était pas l'objectif ! En fait, il s'agissait de rassembler les nombreux renseignements connus au sein de quelques dizaines de pages.

 

Je mes suis employé à cette tâche mais l’opération ne fut pas toujours facile… Chacun sait que l’histoire authentique (y compris celle qu’on appelle la petite histoire) revendique tous ses droits. Nul, en effet, ne peut laisser sous le boisseau ce qui est de nature à éclairer les événements.

 

Dès lors, bien souvent, je me suis demandé ce qu’il convenait de « négliger » - l’accessoire – et ce qu’il fallait « retenir »- l’essentiel. Mais, en histoire, quel est l’accessoire et quel est l’essentiel ?

 

Bref, je me suis efforcé de relater le minimum qu’il convenait de connaître… Que le lecteur sache donc bien que la présente plaquette n’est qu’un large résumé de l’histoire de l’Ecole… Un jour – si Dieu me prête vie et si un mécène veut bien s’intéresser à cette histoire, celle-ci pourrait paraître, nantie de tous ses détails, au sein d’un ouvrage à intituler « Histoire de l’Enseignement à Fosse, à travers les siècles, depuis l’Ecole capitulaire (Xe s.) jusqu’à nos jours ».

 

Par ailleurs, je me permets de croire que le lecteur voudra bien m’accorder le bénéfice de l’indulgence car je me rends parfaitement compte que les pages qui vont suivre ne constituent ni un modèle de condensé, ni un modèle de style, tant s’en faut !

 

Enfin, il me reste une agréable devoir à remplir : celui de remercier toutes les personnes qui ont bien voulu m’aider et m’encourager. En cette occurrence, je remercie tout particulièrement Monsieur l’abbé Pol Bero, révérend Doyen de Fosse, Monsieur le vicaire Jacques Jeanmart, Monsieur Michel Wénin, Directeur de l’Ecole, Monsieur Léon Loiseau, Trésorier du Comité scolaire, Monsieur Albert Duculot de Falisolle, Monsieur Jean Romain, de Fosse et, enfin, mon collègue et ami, Monsieur Maurice Chapelle, de Fosse également.

 

CHAPITRE I.

 

LA CREATION DE L’ECOLE

 

Cent ans ! Oui, l’Ecole Saint-Feuillen est centenaire…

Mais, puisqu’il convient de bien exposer les circonstances de la création de l’Institution, il est nécessaire, dès lors, d’effectuer un voyage à « rebours », dans le temps, et de nous reporter aux deux premières lois organisant l’enseignement primaire en Belgique indépendante, et promulguées en 1842 et 1879.

 

L’article 17 de la Constitution, en 1831, avait proclamé la liberté de l’enseignement, c’est-à-dire :

  • la liberté pour chacun d’exercer le professorat ;
  • le droit absolu du chef de famille de choisir, pour ses enfants, l’école qu’il préférait.

Or, la Révolution de 1830 avait profondément bouleversé l’édifice scolaire érigé sous le roi Guillaume I des Pays-Bas. « Interprétant l’article 17 dans un sens fâcheux, écrit F. Van Kalken, beaucoup de communes, soucieuses de diminuer leurs charges, avaient supprimé leurs écoles primaires ou les avaient reléguées dans des salles de cabaret, même des écuries… Par endroits, on voyait des travailleurs manuels ou des cabaretiers usurper le nom d’instituteurs ! » Bref, le désordre régnait un peu partout…

Réagissant contre ce laxisme, le cabinet mixte, dirigé par l’unioniste Jean-Baptiste Nothomb, fit voter les chambres, le 30 août 1842, la première loi organique de l’enseignement primaire. Celle-ci obligeait chaque commune à entretenir au moins une école primaire publique ou à adopter une école confessionnelle si celle-ci réunissait les conditions légales. L’enseignement du catéchisme et de la bible, donné par l’instituteur, et inspecté par le clergé, était obligatoire, sauf pour les élèves de confession juive ou protestante.

Le scrutin du 11 juin 1878 donna la majorité à ceux qui voulaient mettre « le prêtre hors de l’école ». Les Libéraux, au pouvoir, supprimèrent la Loi Nothomb et la remplacèrent par la Loi organique Van Humbeeck du 10 juillet 1879.

Celle-ci obligeait chaque commune à instituer une école primaire publique, neutre et laïque, interdisant l’adoption d’écoles libres et supprimait l’enseignement de la religion aux heures de classe.

Cette loi heurta de front beaucoup de catholiques et déchaîna la guerre scolaire.

En moins de deux ans, 2.064 écoles libres confessionnelles virent le jour et accueillirent 190.000 enfants, soit 66% de la population scolaire totale et 1.430 membres du personnel enseignant. Dans le canton de Fosse, 36 écoles libres furent ou devaient être créées, dont, évidemment, l’Ecole Saint-Feuillen destinée aux garçons de 6 à 14 ans.

A Fosse, sous le décanat de Monsieur le Doyen Eugène Banneux, la loi de 1879 eut, semble-t-il, un retentissement immédiat. Ainsi, dès avant la fin de l’année scolaire 1878-1879, le Doyen précité décida de faire ériger, en ville, une « école catholique » dite plus tard « Ecole Saint-Feuillen » et chargea l’un de ses vicaires, l’abbé Léopold Gosset, de prendre contact avec un jeune professeur de l’Ecole Moyenne, à Fosse, - en l’occurrence Monsieur Emile-Joseph Lallemand – afin que celui-ci acceptât de prendre la tête de la nouvelle Institution.

Monsieur Lallemand était le maître qui convenait pour une école libre catholique de cette époque. D’ailleurs, le Doyen Banneux appréciait déjà le talent, le caractère et l’esprit religieux du jeune homme.

Monsieur le vicaire Gosset, profitant de son professorat de religion à l’Ecole Moyenne se mit à sonder les intentions de Monsieur Lallemand. « Dites à Monsieur le Doyen qu’il peut compter sur moi » répondit, aux premières ouvertures, le jeune homme – « Je suis chargé de vous dire, répliqua le vicaire, que l’on ne pourra ni vous offrir un traitement aussi élevé que celui dont vous jouissez, ni vous promettre une pension pour vos vieux jours, ni vous assurer aucun honneur humain. Monsieur le Doyen vous invite à réfléchir mûrement sur la décision à prendre ». « Et M. Gosset – c’est de lui-même que nous tenons ces détails – écrit le Doyen Crépin, n’oublia jamais l’accent de cette superbe réponse : « Quand le devoir parle, un chrétien n’hésite pas. C’est tout réfléchi… Comptez sur moi ».

Démissionnaire à l’Ecole Moyenne, le jeune Lallemand (il avait quand même 27 ans révolus à cette époque) commença à l’Ecole Saint-Feuillen, le 13 octobre 1879 – jour de l’inauguration de l’Etablissement – un apostolat qui se prolongea pendant près de 40 ans. Ajoutons que si la démission de Monsieur Lallemand ne causa pas de surprise à l’Ecole Moyenne où il était étiqueté « clérical », cette décision n’en provoqua pas moins l’admiration des milieux catholiques fossois.

 

 

CHAPITRE II

LE COMPLEXE SCOLAIRE SAINT-FEUILLEN

 

De l’examen des documents témoins, conservés dans les archives de l’Ecole, il résulte que les terrains – constituant le site où s’élève aujourd’hui le complexe scolaire « des Zolos » - appartenaient déjà, dans le dernier quart du siècle passé et au début du siècle actuel, d’une part à Monsieur Théophile Gérard-Gilles (d’abord établi à Fosse en tant que marchand de fer, à Namur ensuite en qualité d’entrepreneur, de marchand de métaux et de charbon), à Monsieur le Baron de Dorlodot, à l’Hospice Defaifve et, enfin, à la ville de Fosse, d’autre part.

Le 10 mars 1877, par un acte passé chez Maître Jules Franceschini, notaire à Fosse, le sieur Anotoine Remy vendit à Monsieur Théo Gérard-Gilles, une maison et un terrain (29a, 43ca) sis au lieu-dit « St Tond « à Fosse.

La construction des bâtiments destinés aux classes primitives débuta peu après la mi-août 1879 et fut achevée en un temps record : en effet, l’ouverture de l’Ecole eut lieu solennellement le lundi 13 octobre de la même année.

Notons aussi que la propriété Remy précitée s’engageait largement, à cette époque, dans le « site » de la cour actuelle de l’Etablissement.

Par ailleurs, nous savons aussi que la maison de l’Instituteur en chef – dite « Maison Lallemand » - fut bâtie en 1888, et, en partie, sur l’ancienne maison Remy qui avait été démolie après avoir brûlé.

La date de construction de la « Maison Lallemand », soit, donc, 1888, est confirmée à deux reprises, en 1913, par Monsieur le Doyen Crépin, lequel apporte la précision suivante : « Lors de la construction de la Maison Lallemand, on a remblayé la ruelle qui se trouvait entre le pignon des écoles et le talus ».

Un plan non daté, figurant dans les archives de l’Ecole, mais qui – malgré certaines surcharges – semble bien représenter la situation du site « des Zolos » après la construction de la « Maison Lallemand » (donc entre 1888 et 1909) – locaux de classe, cour de récréation avec ajouts et la maison de l’Instituteur en chef notamment – nous fournit d’intéressants détails quant aux alentours immédiats jouxtant le complexe scolaire.

Les bâtiments scolaires et la cour sont délimités, grosso modo, comme suit : au nord par les terrains de l’Hospice Dejaifve, à l’ouest par la « Tête d’Or », 19 ruisselet coulant alors à ciel ouvert, au sud, à peu près par l’actuel mur d’enceinte, côté rue Sinton, et, à l’est par la « Maison Lallemand ». Il faut noter, au surplus, que le plan présente aussi un mur séparant la dite cour de la « Tête d’Or ».

Les archives conservent également le « Devis estimatif pour la construction de quatre classes à Fosses », document non daté mais qui fut établi vraisemblablement vers la mi-juillet 1879. Si l’on sait que la Loi de 1879 fut votée le 10 juillet, on se rend compte que le Doyen Banneux ne perdit pas son temps quant à sa détermination de faire ériger, à Fosse, une école libre catholique, pour garçons, et même que l’idée d’une telle construction avait déjà, peut-être, précédé, dans son esprit, le vote de la loi Van Humbeeck. Au deurant, on notera avec intérêt que le « Messager de Fosses » du 17 août 1879, n° 33, 1ère année, signale ce qui suit : « On s’apprête à bâtir une école libre pour garçons, au lieu-dit aux Zolos à Fosses ». Le devis en question, très détaillé, estimait à 6.040F. les dépenses à consentir pour la construction de l’Ecole proprement dite.

A ce propos, signalons, toutefois, que les archives de l’Ecole Saint-Feuillen nous renseignent l’érection d’un bâtiment prévu pour TROIS classes seulement, d’une remise, de latrines, W-C et d’un mur d’enceinte.

Enfin, il est remarquable de constater que les factures et notes acquittées sont adressées à Monsieur Théo Gérard-Gilles ce qui permet de dire que l’intéressé, au départ, finança l’ensemble des dépenses consenties pour l’érection des constructions susmentionnées.

Selon une lettre adressée à Monsieur le Doyen Crépin, le 3 juin 1913 – mais dont la signature est malheureusement illisible – la construction du « patronage » (c’est-à-dire la salle primitive prolongeant les classes) date de 1909. Effectivement, on lit dans cette lettre : « Sur le Registre aux propriétés scolaires, je trouve cette note : En 1909, M. Gérard-Gilles, à Namur, a bâti sur un terrain qui lui appartient une salle de patronage ; la maison de l’instituteur lui appartient également, ainsi que la moitié de la cour de récréation. »

Il est évident que l’aspect actuel de la cour de récréation et du complexe scolaire a fortement évolué au fil du temps. Si, par manque de renseignements vraiment explicites, on ne peut faire tout le détail au regard de cette évolution, les documents témoins font quand même état d’achat et d’échange de propriétés, de nature à élargir et à rectifier le domaine.

Ainsi, en 1881, Théo Gérard-Gilles acheta à la commune de Fosse l’emplacement qui restait de l’ancienne « Tannerie Mabille »

Le 18 mars 1909, le dit Gérard-Gilles acheta aussi un terrain qui appartenait « aux hospices civils de Fosses ».

En fait, si l’on se réfère à un plan conservé dans les archives et tracé vraisemblablement avant le 27 avril 1907, il apparaît que le « patronage » fut construit sur un « Restant de la parcelle D n° 360c ou Hospice Dejaifve »

Le « 10 8bre1909 », Théo Gérard-Gilles, à l’occasion de la pose de la distribution d’eau, échangeait « une parcelle de terre m’appartenant, sise au Zolo, contre une autre appartenant à la commune au lieu-dit Cortilné ».

D’un « Croquis dressé selon les notes reprises dans les archives de M re J. Cavalier, ci-devant géomètre à Fosses », et réalisé par le « géomètre G. Stassart, le 8 octobre 1912 », cette parcelle Gérard-Gilles jouxtait, au midi, le mur d’enceinte de la cour de récréation – donc vers le ruisseau de la Rosière sur l’actuelle rue Sinton – tandis que la parcelle communale longeait le « chemin de Fosses à Franière », au-delà de la « Tête d’Or », le long de l’actuelle rue des Zolos, à partir de la grille d’entrée de l’école.

Ainsi, il apparaît que – peu après le début de l’année scolaire 1909-1910 – le patronage, la cour (sans doute en partie), la maison de l’Instituteur en chef, et le jardin – propriétés de Théo Gérard-Gilles, étaient mis, à cette époque, à la disposition de Monsieur le Doyen de Fosse, et ce pour l’ »Œuvre des Ecoles ».

Le « 21 9bre 1912 » Monsieur Gérard-Gilles consentait déjà à vendre « les écoles et la maison de Mr Lallemand ». Toutefois, un bon mois plus tard, on ne parlait plus de vente mais bien de location : en effet, le 28.12.1912, Théo Gérard-Gilles proposait au Doyen de Fosse de lui louer  « les écoles et la salle du patronage pour un terme de 3, 6, 9 ans… à partir du 1er novembre écoulé… c’est-à-dire à partir du 1er novembre de l’année susdite.

Notons encore que, le « 7 9bre 1913 », Théo Gérard-Gilles se déclarait à nouveau à la disposition de Monsieur le Doyen « pour vous donner promesse de vente à n’importe quelle date lorsque vous aurez consulté la commission des écoles ».

Cependant l’affaire traîna… et ce fut seulement en 1926 que la propriété dite des Zolos fut acquise par l’ « Association sans but lucratif du Doyenné de Fosses ».

Au demeurant, si je n’ai pu, jusqu’ici, faute de documents clairs et probants, déterminer exactement la date de cession de ces biens, il peut être tenu pour certain que le transfert eut lieu peu avant le 1er mai 1926.

Malgré toutes mes recherches, force m’est de signaler qu’un regrettable brouillard historique s’étend sur la période décennale qui suivit l’année 1926. Il faut arriver à l’été 1937 pour retrouver des renseignements assez circonstanciés concernant, notamment, des travaux effectués au sein du complexe.

Prévoyant une assez nombreuse population scolaire pour la rentrée de septembre 1938 - ce qui advint d’ailleurs – le Comité scolaire et Monsieur le Doyen Pierre Blaimont firent exécuter – dès le mois d’août 1937 – d’importants travaux d’amélioration à Saint-Feuillen : pavage intégral de la cour, construction d’un vaste préau côté ouest, nouvelles installations hygiéniques.

A mon arrivée, le 7 septembre 1938, le complexe présentait l’aspect suivant : une belle et haute grille d’entrée, peinte en vert, donnait accès à la cour de récréation et portait, entrelacées, en fer forgé, les initiales G.G. ; la dite cour – qui s’étalait notamment au-dessus du ruisseau voûté - était bornée, au sud, côté rue Sinton, par une muraille ; à l’ouest, côté rue des Zolos, par le « pignon » des installations sanitaires, du préau, de la salle de maquillage pour le théâtre et la salle des fêtes, celle-ci renfermant podium et coulisses, au nord par le reste de la dite salle et par deux classes dont l’une, flanquée d’un corridor, était séparée de la salle par une cloison de bois démontable ; enfin, à l’est par la « Maison Lallemand » avec son jardinet et son grillage sur le devant. Au fronton des bâtiments scolaires, dans une niche, au-dessus de la vieille cloche de l’Ecole, trônait la statue de saint Feuillen. Enfin, à l’intérieur de la cour, le long du mur d’enceinte, côté rue Sinton, s’étalait une bande de terre : le parterre de Saint-Feuillen que l’on entretenait avec soin.

 

De même, je ne possède aucun renseignement pour la période 1940-1945. Du reste, vu les tristes circonstances de cette époque, il peut être tenu pour certain qu’aucun changement notaire n’intervint à l’Ecole Saint-Feuillen pendant le tragique intervalle. Par ailleurs, à ma connaissance – et si mes souvenirs sont exacts – il ne fut procédé à aucun travail vraiment important, à Saint-Feuillen, de septembre 1945 à septembre 1947.

Après la rénovation des locaux de classe en 1953 – heureuses transformations attendues depuis longtemps et retardées par le manque de ressources – il fut procédé en avril 1958, à une très sérieuse réparation des toits, et à l’installation du chauffage central, en octobre 1959.

Après la réfection de la toiture, de faux plafonds diminuèrent la hauteur des classes de 70cm et les cloisons, entre les classes, furent refaites en matériaux durs. L’ancienne salle fut aussi raccourcie et l’on renonça, avec raison d’ailleurs, à la « scène » (podium) qui fut démolie : il resta ainsi un local, possédant encore de belles dimensions, et qui constitue, de nos jours, la salle du complexe.

Avant la mixité, la dite salle servit de réfectoire pour les garçons, de salle de gymnastique et de « cour de récréation » en temps de pluie.

Enfin, voici brièvement mentionnés les derniers travaux effectués à Saint-Feuillen, de 1966 à 1973 :

  • 1966 : construction du nouveau mur d’enceinte de la cour (côté rue Sinton) et disparition du parterre ;
  • 1968 : a) suppression des installations sanitaires de 1937
  • b) construction d’un nouveau bloc sanitaire dans l’ancienne « salle de grime » ;
  • c) construction d’une remise dans le préau de 1937
  • 1969 : installation de nouvelles portes et fenêtres (avec vitres « Sécurit ») ;
  • 1970 : aménagement de deux nouvelles classes (la première trouva place dans la salle ; la seconde fur aménagée dans l’ancienne « classe Lallemand » c’est-à-dire dans le tout premier local de classe édifié en 1879 et jouxtant la maison de 1888 ;
  • en 1973 : a) installation d’une nouvelle chaudière ;
  • b) peinture des classes.

Aujourd’hui, si les bâtiments de l’Ecole Saint-Feuillen ont perdu le fronton primitif, l’antique grille d’entrée et la vieille cloche, chargés de tant de souvenirs, les dernières transformations en ont fait cependant, un complexe harmonieux – à la façade joliment cimentée – doté de locaux spacieux, particulièrement bien outillés, et qui abritent les quatre classes du petit monde de l’enseignement maternel.

La statue de saint Feuillen, placée au pignon du préau actuel, demeure, pour nombre de Fossois – jeunes et vieux – d’une part le souvenir de la grande « Aventure » de 1879 et, d’autre part, le symbole d’une Institution prospère, dédiée au saint Patron de la ville depuis plus de 100 ans, et dont la pérennité est certainement assurée.

CHAPITRE III

QUI ETAIT MONSIEUR LALLEMAND ?

 

Emile-Joseph Lallemand naquit à Corbion, près de Bouillon, le vendredi 7 novembre 1851. « Il avait, écrit le Doyen Crépin, à un haut degré, les qualités du Luxembourgeois : application au travail, endurance, volonté de fer ; il avait surtout les vertus du vrai chrétien, puisées au sein d’une famille profondément catholique… »

 

On sait qu’il fut un excellent élève à l’Ecole Normale libre de Carlsbourg, administrée et tenue par les Frères des Ecoles chrétiennes, lesquels lui délivrèrent le diplôme d’instituteur le 2 7bre 1871.

 

Le jeune Emile Lallemand débuta au Collège de Leuze, en octobre 1871 et y professa jusqu’en 1873. De 1873 à 1877, on le retrouve en qualité de moniteur à l’Ecole régimentaire du 11e R. de Ligne : soldat modèle, il y conquit les galons de sous-officier. Enfin, grâce au « Registre aux délibérations du Bureau administratif de l’école moyenne de Fosses », on a connaissance de l’entrée officielle de l’instituteur Lallemand, en qualité de titulaire de classe, en la section préparatoire de l’Ecole moyenne. On peut lire, en effet, dans le dit « Registre » : « Séance du 22 septembre 1877 – Présents : MM. Winson, Genard, Moreau, Franceschini et Roisin ; - Le Bureau donne un avis favorable sur la proposition de Monsieur le Ministre de l’Intérieur de nommer instituteur intérimaire, en remplacement de Monsieur Jamart, instituteur, pour motif de santé, M. Emile Lallemand, instituteur diplômé du second degré, dans la province du Luxembourg ».

Par ailleurs, grâce aux « Comptes rendus de la distribution des prix faite aux élèves », d’abord le 11 août 1878, puis le 14 août 1879 ensuite, « sous la Présidence du Bureau administratif », on sait qu’Emile Lallemand fut chargé, pour l’année scolaire 1877-1878 de la division inférieure de la deuxième classe comptant 24 élèves et pour, 1878-1879, de la première année d’études de la section préparatoire avec 26 élèves.

· ·

A Saint-Feuillen, - comme auparavant d’ailleurs – Monsieur Lallemand aima profondément sa mission d’éducateur. Au demeurant, on sait que de nombreux succès scolaires, chez ses élèves, récomensèrent son dévouement.

 

Bientôt, ses collègues de l’enseignement libre, dans le canton scolaire de Morialmé ne tardèrent pas à le considérer comme un chef, comme un guide précieux… Un jour, le clergé de Fosse et de la région, les amis de l’Ecole et les parents des élèves voulurent lui témoigner à la fois et leur estime et leur reconnaissance. Toutefois, le Souverain Pontife, le pape Léon XIII les avait devancés : il avait décerné à « l’instituteur démissionnaire de 1879 », la distinction si appréciée de la Croix « Pro Ecclesia et Pontifice ».

A ce propos, lisons ce qu’écrivait le Doyen Crépin en août 1925 : « Qu’il fut beau pour M. Lallemand le jour où sa poitrine fut se fleurir du ruban pontifical ! Et qu’elle fut émouvante cette séance inoubliable où par la voix de M. Charles Genart - le premier élève de l’école Saint-Feuillen- une assemblée immense exprima à M. Lallemand sa sympathie, son affection, son admiration ! Et il semble que pour lui, les rayons de cette journée de gloire brillèrent jusqu’à sa mort, car il eut dorénavant sous les yeux chaque jour, u n bronze, offert par la reconnaissance et l’amitié, représentant un Croisé, armé de pied en cap, toujours prêt au combat et déroulant une banderole portant ce mot « Credo ».

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Peu après son entrée à l’Ecole Saint-Feuillen, Monsieur Lallemand ramena, de son village natal, celle qui devint une compagne digne en tout de celui qui lui donna son nom : Marie Doffagne.

 

La famille Lallemand-Doffagne paya très tôt son douloureux tribut à la vie : deux enfants moururent très jeunes et furent rejoints dans la tombe par leur aîné, Henri-Jean-Louis-Célestin, jeune homme de 21 ans.

Trois autres fils d’Emile Lallemand se firent prêtres : deux entrèrent dans la Compagnie de Jésus – Paul-Emile et Albert-Jean-Joseph – et furent envoyés aux Indes, en qualité de missionnaires ; le troisième, Célestin-Jean, rejoignit le clergé séculier namurois.

 

C’est auprès de ce prêtre, d’abord dans la chapellenie de Vodecée, le 26 septembre 1917, dans la cure de Dohan-sur-Semois ensuite, que Monsieur Lallemand prit sa retraite en compagnie de son épouse et de ses deux filles, Adolphine et Germaine.

 

Au début de l’été 1925, rien ne laissait prévoir la fin proche de Monsieur Lallemand bien que depuis son départ de Fosse, l’artériosclérose avait insidieusement miné ses forces.

 

D’une charité sans borne, rendant service à chacun, il voulut, la semaine même de son décès, aller aider à la fenaison, les membres de sa famille à Corbion.

« Le jeudi 2 juillet, écrit le Doyen Crépin, il rentrait fatigué d’un long chemin de 3 lieues, mais dispos quand même. Il raconta qu’il avait laissé passer l’heure du départ du tram…

Le lendemain, premier vendredi du mois, s’accompagnant de l’harmonium, il fit office de chantre… donna la leçon de catéchisme aux enfants et chanta le salut du soir.

Samedi de grand matin, on le trouva debout, appuyé sur son bureau, se plaignant d’une crise qui était loin d’être la première ; il se remit au lit, puis descendit faire ses prières et lire son journal… »

Ce jour-là, 4 juillet 1925, Madame Lallemand, vers 15 heures, le trouva mort, au lit, dans une attitude de calme et de paix sereine.

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Nul mieux que Mgr Hugues Lamy, enfant de Fosse et Président d’honneur de l’Association des Anciens Elèves de l’Ecole Saint-Feuillen, n’a mieux tracé, de Monsieur Lallemand, le portrait qui convenait. Lisons l’article remarquable que le Prélat écrivit à cet effet, dans le « Courier de Fosses » du 11 juillet 1948, et ce la veille de l’inauguration officielle de l’Association susmentionnée : « … Si, malgré son exceptionnelle compétence, à laquelle ses chefs se plaisaient à rendre hommage, il ne devint jamais inspecteur, c’est avant tout sans doute, parce que l’on aurait été bien embarrassé de lui trouver, en ces temps héroïques, un successeur à Saint-Feuillen, et parce que lui-même aurait considéré son départ comme une désertion, peut-être aussi – on peut le dire sans dommage pour la mémoire de cet homme sincère entre tous – parce qu’il lui eût fallu, pour cela, un plus grand souci de l’élégance vestimentaire et une souplesse dont ne s’accommodait pas le caractère de cet Ardennais volontaire, personnel et quelque peu intransigeant.

 

Son talent pédagogique était à la hauteur de ses connaissances. Peu de maîtres ont réussi au même degré à tenir en éveil l’attention de leur remuant auditoire, et – j’en appelle au témoignage de mes anciens condisciples – à leur faire AIMER les classes.

 

Son regard franc, loyal, pétillant d’intelligence, se posait sur nous sans dureté, certes, mais avec une insistance si pénétrante, que je ne crois pas qu’aucun de nous ait jamais pu lui mentir. Son emprise sur les élèves commençait dès le matin, à l’église, lorsque nous le voyions, de son pas égal et cadencé, gagner sa place auprès de nous ou se rendre au jubé, pour y seconder les chantres, de sa voix harmonieusement nuancée. Dès ce moment, nous lui appartenions jusqu’à la fin de l’après-midi.

 

Les prêtres, chargés du cours de catéchisme, aimaient assister à ses leçons de religion. Il expliquait et commentait avec bonheur le texte quelque peu désuet du catéchisme fénelonien alors en usage et donnait à cet exposé archaïque la clarté, la vie et le mouvement qu’il mettait dans tout son enseignement… »

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Enfin, nous ne pouvons clôturer ce chapitre consacré à la personnalité du « Fondateur » de l’Ecole, sans signaler que Monsieur Lallemand, avant son départ de Fosse, en 1917 « avait reçu de S.G. Mgr Heylen, … un témoignage d’un prix inestimable aux yeux du vénéré défunt. Spontanément, Monseigneur, … avait envoyé son portrait à M. Lallemand avec cette dédicace flatteuse « A M. Lallemand, mon affection et ma reconnaissance pour son dévouement et son abnégation admirables. – Th.-L., évêque de Namur »

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Voici, pour terminer, un souvenir concernant à la fois Emile Lallemand et l’Abbé Lamy, Prélat de Tongerloo.

Lors de la soutenance des thèses de ce dernier pour l’obtention du titre de Docteur en histoire, Monsieur le chanoine Lamy, de l’Ordre des Prémontrés, avait eu la délicatesse d’inviter son vieux maître à assister au débat public dans le grand auditoire des Halles universitaires.

 

« Je n’oublierai jamais, rapporte l’abbé Crépin, le regard que M. Lallemand ne cessa de darder sur le récipiendaire, ni la joie qui illumina son front quand le Recteur de l’Université proclama, l’ancien élève de l’Ecole Saint-Feuillen, Docteur en histoire avec la plus grande distinction, ni les larmes que, silencieusement, il versait au retour, … quand lui et moi nous précipitions notre course pour prendre part à la réception grandiose réservée par les habitants de la ville de Fosses au nouveau lauréat, leur compatriote… Inutile de dire combien M. Lallemand fut légitimement fier de l’élévation de son ancien élève à la dignité abbatiale… »

CHAPITRE IV

L’ECOLE SAINT-FEUILLEN SOUS LA DIRECTION DE

MONSIEUR EMILE LALLEMAND.

 

 

Désigné officiellement le lundi 22 septembre 1879 par Monsieur le Doyen Eugène Banneux, Monsieur Emile Lallemand commença donc, à Saint-Feuillen, le lundi 13 octobre de la même année, une carrière qui allait couvrir, sans interruption, une longue période de près de 40 ans.

 

Nous savons que le devis estimatif de 1879 avait été établi sur la base de la construction d’un bâtiment pouvant refermer quatre classes.

 

Dès lors, il est permis de supposer que Monsieur le Doyen Banneux – à l’origine – « voyait grand », espérant, sans doute, nommer un ou plusieurs sous-instituteurs appelés à seconder l’Instituteur en chef.

 

Toutefois, au début, il semble bien que Monsieur Lallemand organisa seul la grande aventure de l’ »Ecole libre catholique pour garçons à Fosses. » Notons, toutefois, qu’il bénéficia à Saint-Feuillen, pendant sept ans, de la collaboration de son frère, lequel finit par rejoindre l’Institut des Frères des Ecoles chrétiennes.

 

Une deuxième classe s’ouvrit presque aussitôt et fut confiée au sous-instituteur, Monsieur Désiré Bosseaux.

 

Il me serait, certes, très agréable, de signaler au lecteur, combien d’élèves comptaient les deux classes au départ de l’Institution. Hélas, les archives de l’école – que j’ai dépouillées, classées et lues attentivement – sont pratiquement muettes de 1879 à 1894. Peut-être, un jour, mettra-t-on la main sur un document qui permettra de combler ce « vide » de 15 ans…

 

Si un autre « vide », d’une bonne douzaine d’années, existe également en ce qui concerne l’identité du personnel « sous-instituteur », on possède cependant, à ce sujet, quelques renseignements dès l’année scolaire 1891-1892.

Ainsi, pour cette période, l’ « Almanach populaire du canton de Fosses » signale, sans autre précision, un certain Votion en qualité de sous-instituteur.

 

De même, grâce à cet « Almanach » on sait encore que Monsieur Defleur tint la seconde classe dans le courant de l’année scolaire 1893-1894.

Pour 1894-1895, Monsieur Lallemand présidait aux destinées de l’Ecole en compagnie du sous-instituteur Olivier Dosimont, de Saint-Gérard, lequel avait été désigné, pour la deuxième classe, le 20 septembre 1894.

 

 

 

Monsieur Dosimont n’acheva pas l’année scolaire : en effet, les archives nous signalent son successeur, savoir Monsieur Adrien Reygaerts de Sombreffe, nommé le 9 avril 1895.

 

Au sous-instituteur Reygaerts succéda Monsieur Martin Capelle, de Sorinnes, ce dernier ayant débuté le 1er mars 1897.

 

Le « Rapport annuel », dressée par Monsieur Lallemand, le 19 décembre 1900 – et fourni à Monsieur l’Inspecteur du canton scolaire de Morialmé - fait toujours état de l’existence de deux classes et mentionne encore Monsieur Capelle en tant que sous-instituteur.

 

Mais, dés lors, les archives sont peu claires…

A partir de 1901, les « Rapports annuels », adressés à l’Inspection cantonale, ne font plus état de l’identité du second maître, de sorte qu’on ne connaît pas la date exacte du départ de Monsieur Capelle. On sait cependant – grâce à l’ « Almanach » de 1908 - que le dit Capelle était encore en fonction, à Saint-Feuillen, au cours de l’année scolaire 1907-1908.

 

D’autre part, selon la même source, on retrouve, à Saint-Feuillen, au cours de 1908-1909, Messieurs Lallemand et Lambert ainsi que Messieurs Lallemand et Anceaux, au cours de 1909-1910.

 

Par ailleurs, sous la rubrique « Congés extraordinaires accordés aux instituteurs », le « Rapport annuel » du 30 décembre 1910 signale ce qui suit :

« M. Anceaux s.-inst. a quitté le 8 février 1910 ; M. Mottoule s.-inst. a repris la classe à la cessation de l’intérim le 1er avril 1910 ».

 

Quant au « Rapport » du 30.12.1911, il signale que « … M. Mottoule a quitté l’école à la date du 27 décembre 1910. Monsieur Maas a repris définitivement les fonctions de M. Mottoule le 3 janvier 1911 ».

On s’en rend compte, à cette époque là, l’instabilité du personnel enseignant n’était pas négligeable, et il fallut, sans doute, que Monsieur Lallemand déployât tous les dons de sa forte personnalité pour assurer la vitalité de l’Ecole.

Si certaines lacunes existent dans les archives quant à cette « mouvance », on sait, néanmoins, - grâce à l’ « Index » communal relatif à la composition de la famille Lallemand-Doffagne – qu’un certain Monsieur Houtekins, Maurice, instituteur, vivait sous le même toit que Monsieur Lallemand dès le 26 décembre 1912, ce qui permet de déduire qu’il enseigna probablement à Saint-Feuillen de janvier 1913 à la fin de l’année scolaire. Au demeurant, une note manuscrite, émanant du Doyen Crépin, nous informe que « Monsieur Houtekins » était « engagé (à l’Ecole Saint-Feuillen) au traitement de 1.200 F. »

 

 

Notons, enfin, grâce encore à l’ « Almach » susdit qu’on retrouve les sous-instituteurs ci-après pour seconder Monsieur Lallemand : Monsieur Maas en 1911-1912, Monsieur Borbouse en 1912-1913 et enfin, Monsieur Delpierre en 1913-1914.

Ajoutons qu’on ne sait rien de l’identité du sous-instituteur qui fonctionna au cours de l’année scolaire 1914-1915. Serait-ce encore Monsieur Delpierre ?

Que se passait-il au printemps de 1911, sous le décanat de Monsieur l’abbé Ferdinand Mallar ? Celui-ci n’avait-il pas pris contact – dès le 12 mai de la dite année – avec Monsieur P. Verrier, Supérieur provincial de l’Institution de Sainte-Marie, à Rêves (Hainaut) dans l’espoir d’obtenir des Frères destinés à l’Ecole Saint-Feuillen ? La démarche, faute de personnel, s’était soldée par un échec.

Etait-on mécontent de Monsieur Lallemand ? Pas du tout ! Cette hypothèse est à écarter. Alors, voulait-on supprimer l’instabilité du personnel ? Vraisemblablement ! En tout cas, des tentatives de ce genre se succédèrent jusqu’en 1914 et, à cet égard, il y a, dans la persévérance de Monsieur le Doyen Crépin quelque chose de remarquable.

Bref, pour 1912, on constate une nouvelle démarche, effectuée cette fois à Malonne, pour obtenir des Frères des Ecoles chrétiennes. Un document conservé dans les archives de l’Ecole, écrit par le Doyen Crépin, note ce qui suit : « Septembre 1912, M. Lallemand et moi, sommes allés à Malonne où se trouvait le Visiteur, pour demander des Frères pour 1916 ». Ce fut un nouvel échec.

Le Doyen Crépin ne se découragea pas. En effet, selon une lettre – lui adressée de Pommeroeulx (Hainaut), le 14 février 1913, par le Cher Frère Gabriel, Provincial des Frères Maristes – il résulte que le Doyen précité s’était adressé au Provincial susmentionné, dans l’espoir d’obtenir, enfin, des enseignants religieux.

Ce fut un nouvel échec : « … le personnel me fait défaut, écrivait le Provincial,… et mes supérieurs ont décidé de ne plus accepter aucune nouvelle fondation pendant quelques années. Lorsque je suis entré en rapport avec votre vénéré prédécesseur, en 1908, je ne m’attendais pas à ce que la maladie et la mort fissent des vides parmi nous et que plusieurs écoles se développeraient de façon à absorber une bonne partie de notre personnel disponible ».

Le 15 juin 1914, à la veille, pour ainsi dire, de la première guerre mondiale, le Doyen Crépin récidiva. A cette date, il s’adressa, par écrit, au Supérieur de l’Institution de Saint-Joseph (Frères de Ste-Marie de Rêves) à Saint-Remy-Signeulx, toujours dans le même espoir.

« Déjà, lui répondit le Supérieur provincial, à la date du 12 mai 1911 votre vénéré prédécesseur m’adressait une demande de cette nature, et je me voyais dans la nécessité de lui répondre qu’il nous était tout à fait impossible de lui donner satisfaction. Je lui donnais les raisons qui restent toujours les mêmes : c’est le personnel qui manque à la moisson ».

Bref, nouvel échec qui n’écoeura pas le Doyen Crépin, homme dont la persévérance était à l’image de sa forte personnalité et de sa grande intelligence.

A cette époque, l’Administration centrale de la Congrégation des Frères de la Charité se situait rue du Strop, à Gand. D’une lettre émanant du Supérieur général de la dite Congrégation, - lettre datée de Gand, le 25 mai 1914 , - il résulte que le Doyen s’était déjà adressé à cette Maison, dans l’espoir – toujours le même – d’obtenir des Frères pour l’Ecole Saint-Feuillen.

« Je regrette infiniment, répondit le Supérieur général, de ne pas pouvoir vous donner de bonnes nouvelles ; Nous manquons de personnel et ce à tel point que nous songeons à supprimer des classes … »

Suite à cette brève et décevante réponse, Monsieur le Doyen Crépin, toujours tenace et persévérant, accompagné de son instituteur en chef, se redit à Gand, rue du Strop, comme il en résulte d’une note manuscrite couchée, par le dit Doyen, au bas de la lettre du 25 mai : « Après cette lettre, nous sommes allés à Gand (au Strop) avec Monsieur Lallemand. R. Impossible ».

Y eut-il encore d’autres démarches pour l’obtention de Frères ? Les archives sont muettes. Mais on peut croire que la Tempête mondiale de 14-18 enterra définitivement le projet.

· ·

Au cours de l’année scolaire 1916-1917, en pleine guerre, le « magistère » de Monsieur Lallemand allait trouver sa conclusion. Mais, l’œuvre de cet homme de bien avait été remarquablement féconde…

Outre l’enseignement qu’il dispensa, pendant près de quatre décennies, à une partie non négligeable de la population masculine fossoise au niveau du primaire, il faut souligner aussi qu’il dirigea également, le soir, à Saint-Feuillen, pendant de longues années, une Ecole privée d’adultes (hommes) à classe unique, dont le règlement et le programme furent arrêtés en août 1901. (Remarquons, toutefois, qu’on trouve le texte suivant dans le « Messager de Fosses » du 16.11.1879, n° 46 : « Nous apprenons qu’une école du soir pour adultes doit s’ouvrir la semaine prochaine à l’Ecole Saint-Feuillen, à Fosses ».)

Cette école est signalée pour la première fois le 19 décembre 1899, dans le « Rapport annuel » fourni à l’Inspection cantonale par Monsieur Lallemand, et ce pour la période s’étalant du 1er octobre 1898 au 31 mars 1899. L’Ecole, qui subsista jusqu’en 1915, fonctionnait trois fois par semaine, soit les mardis, mercredis et vendredis, généralement du 1er septembre d’une année civile au 31 mars de l’année suivante, et ce de 19 heures 30 (ou 20 heures) à 22 heures.

Un cours élémentaire, à tendance professionnelle y était dispensé par Monsieur Lallemand seul et concernait principalement la lecture, l’écriture, la langue maternelle et les éléments du calcul et du système métrique.

De plus, un enseignement – destiné à la lutte antialcoolique – y était organisé occasionnellement.

Enfin, cette Ecole organisa une Mutualité de retraite à partir de décembre 1900 et l’épargne scolaire dès octobre 1901.

 

Selon les archives reposant à Saint-Feuillen, voici le mouvement de la population scolaire adulte, relevé le 31 décembre, de 1898 à 1914 :

 

1898 : 12 hommes ;

1899 : 16 hommes ;

1900 : 16 hommes ;

1901 : ? hommes ;

1902 : 12 hommes ;

1903 : 14 hommes ;

1904 : 14 hommes ;

1905 : 17 hommes ;

1906 : ? hommes ;

1907 : 14 hommes ;

1908 : 17 hommes ;

1909 : 14 hommes ;

1910 : néant ;

1911 : néant ;

1912 : 11 hommes ;

1913 : 14 hommes ;

1914 : 14 hommes ;

· · ·

A partir de l’année scolaire 1902-1903, les « Rapports annuels » nous informent que la « Direction » de l’Ecole Saint-Feuillen ne fut plus assurée par Monsieur Lallemand – bien qu’instituteur en chef – mais par Monsieur le Curé-doyen de Fosse, Président du Comité scolaire, dit aujourd’hui « Pouvoir organisateur ». Dès lors la « Direction » de l’Ecole, depuis sa création fut la suivante :

  • de 1879 à 1902 : Monsieur Emile Lallemand ;
  • de 1902 à 1912 : Monsieur Ferdinand Mallard, Curé-doyen ;
  • de 1912 à 1936 : Monsieur Joseph Crépin, Curé-doyen ;
  • de 1936 à 1943 : Monsieur Pierre Blaimont, Curé-doyen ;
  • de 1943 à 1960 : Monsieur le chanoine André Piérard, Curé-doyen ;
  • de 1960 à 1975 : Monsieur Hennebert, Curé-doyen ;
  • depuis le 07.08.1975 : Monsieur le Doyen Pol Bero.

Voici, enfin, - et ceci dans l’espoir que les chiffres qui vont suivre rencontreront l’intérêt du lecteur – voici, à titre documentaire, comment évoluèrent le nombre total d’élèves inscrits AU COURS des années scolaires et le nombre de classes, depuis 1893-1894 jusqu’en 1916-1917 :

    • 1893-1894 : 85 élèves, 2 classes ;
    • 1894-1895 : 79 élèves ; 2 classes ;
    • 1895-1896 : ? élèves, 2 classes ;
    • 1896-1897 : 63 élèves, 2 classes ;
    • 1897-1898 : 82 élèves, 2 classes ;
    • 1898-1899 : 82 élèves, 2 classes ;
    • 1899-1900 : 68 élèves, 2 classes ;
    • 1900-1901 : 87 élèves, 2 classes ;
    • 1901-1902 : ? élèves, 2 classes ;
    • 1902-1903 : 101 élèves, 2 classes ;
    • 1903-1904 : 82 élèves, 2 classes ;
    • 1904-1905 : 73 élèves, 2 classe ;
    • 1905-1906 : ? élèves, 2 classes ;
    • 1906-1907 : 71 élèves, 2 classes ;
    • 1907-1908 : 70 élèves, 2 classes ;
    • 1908-1909 : 73 élèves, 2 classes ;
    • 1909-1910 : 90 élèves, 2 classes ;
    • 1910-1911 : 86 élèves, 2 classes ;
    • 1911-1912 : 68 élèves, 2 classes ;
    • 1912-1913 : 75 élèves, 2 classes ;
    • 1913-1914 : 65 élèves, 2 classes ;
    • 1914-1915 : 58 élèves, 2 classes ;
    • 1915-1916 : 58 élèves, 2 classes ;
    • 1916-1917 : 62 élèves, 2 classes.

Il serait très intéressant de prendre connaissance du contenu complet des différents « Rapports annuels » envoyés à l’Inspecteur cantonal par les soins de Monsieur Lallemand, depuis 1894-1895. Mais, dans le cadre limité de la présente monographie, il n’est pas question d’en reproduire tous les détails. Toutefois, je pense qu’il convient d’en fournir quelques-uns parmi les plus importants.

Ainsi, pour l’épargne scolaire des enfants, le « Rapport » du 31.12.1895 renferme, notamment, ce qui suit :

    • date d’introduction : 7bre 1890 ;
    • possédant un livret : 10 élèves
    • sans livret mais qui épargnent : 3 élèves ;
    • n’épargnant pas : 50 élèves ;

ou encore selon le « Rapport » du 19.12.1901 :

    • possédant un livret : 16 élèves ;
    • n’épargnent pas : 65 élèves ;

D’autre part, les « Rapports annuels » de 1894 à 1899 nous font connaître les heures d’ouverture des classes, le matin, la durée des cours et, notamment, la durée de l’enseignement religieux :

  • heure d’ouverture en hiver comme en été : 8 heures 30 ;
  • durée des classes : 5 heures 30 d’horloge (récréations comprises) ;
  • enseignement religieux :
    1. le matin, de 8 heures 30 à 9 heures ;
    2. l’après-midi, de 15 heures 30 à 16 heures

 

 

 

A noter aussi que – outre l’enseignement du catéchisme et de l’histoire sainte, sans oublier les prières- les branches profanes concernaient principalement la lecture, l’écriture, la grammaire, l’orthographe et les éléments du calcul et du système métrique.

Par ailleurs, les « Rapports » établis respectivement le 31.12.1900 et le 19.12.1901 notent encore et toujours 5 heures 30 de cours – enseignement religieux inclus – et précisent comme suit les heures d’entrée et de fermeture des classes, pour l’hiver comme pour l’été :

  • 8 heures 30 – 11 heures 30 ;
  • 13 heures 30 – 16 heures.

Au demeurant, il n’est pas sans intérêt de savoir qu’il existait – à Saint-Feuillen comme ailleurs – au siècle dernier, selon la situation sociale et les revenus des parents, des élèves à statut « gratuit » et d’autres, à statut « solvable ».

Voici, enfin, quelques lignes relatives au système des vacances et congés. Ainsi, grâce aux « Rapports annuels » s’étalant du 31.12.1894 au 19.12.1901, les congés réglementaires présentaient la physionomie suivante :

  • comme naguère encore, le congé du JEUDI après-midi « coupait » en deux, à titre de détente la semaine scolaire
  • les vacances d’été commençaient le 15 août (j’écris bien le 15 AOUT) et s’étalaient seulement sur un mois et demi, les cours reprenant le 1er 8bre ;
  • les vacances de Pâques comptaient à peine deux semaines ;
  • les congés dits de la Noël et du Nouvel-An étaient les suivants : « les 25,26 et parfois le 31 décembre », les « 1er et 2 janvier ».

Mais il existait aussi quelques autres congés en dehors de ceux signalés ci-dessus.

Par exemple, le « Rapport » du 31.12.1895 signale le 23 mai, le 3 juin, le 21 juillet et le 15 9bre.

Celui du 20.12.1897 note le 27 mai, le 7 juin, le 21 juillet et le 15 9bre ;

celui du 15.12.1898 : « les 19 et 30 mai, le 21 juillet et le 15 9bre » ;

celui du 31.12.1900 : « les 24 mai, 4 juin, 21 juillet et le 15 9bre » ;

enfin celui du 19.12.1901 : « les 16 mai, 27 mai, 21 juillet et les 1er et 2 9bre ».

Bien entendu, il y avait aussi des congés extraordinaires, comme, par exemple, à l’occasion des conférences pédagogiques, le jour de l’Adoration et le jour de la fête de saint Feuillen.

Notons aussi que l’Ecole Saint-Feuillen délivra un certificat de fin d’études primaires complètes dès l’année scolaire 1900-1901.

 

Il faut encore dire – in fine – que le « Rapport sur la situation de l’Ecole » dressé le 31.01.1916 ( année scolaire 1915-1916) et signé par Monsieur Emile Thirot, instituteur, permet de supposer que les deux titulaires de classe – pour la dite année scolaire- étaient Messieurs Lallemand et Thirot.

· · ·

Selon mes supputations, ce furent encore ces deux maîtres qui présidèrent aux destinées de l’Ecole pendant l’année scolaire 1916-1917 ; En effet, on sait de source certaine, que Monsieur Lallemand quitta Fosse le 21 septembre 1917 et, par ailleurs, Monsieur Charles Deschamps, de Marche-les-Dames, débuta à Saint-Feuillen le 18 septembre de la même année, ce qui corrobore mes suppositions et qui me permet de penser que Monsieur Thirot assura la Direction, à Saint-Feuillen en 1917-1918, assisté par Monsieur Charles Deschamps précité.

· ·

De tout ce qui précède – relativement aux vacances et aux congés – on se rend compte que nous sommes loin, très loin des deux mois révolus de vacances actuelles, en été, des deux semaines de vacances dites de Pâques, des deux semaines également à la Noël-Nouvel-An et des nombreux, très nombreux congés légaux accordés aujourd’hui, sans parler de ceux que la Direction de l’Ecole peut choisir à la date qui convient au personnel enseignant.

CHAPITRE V

SOUS LA DIRECTION DE MONSIEUR CHARLES DESCHAMPS

En pleine guerre 1914-1918, le fécond « magistère » de Monsieur Emile Lallemand se terminait… Devenu Directeur honoraire de l’Etablissement, le vieux « lutteur » quitta définitivement Fosse pour Vodecée et fut – vraisemblablement – remplacé par Monsieur Emile Thirot, lequel assura donc la Direction de l’Ecole, assisté, on le sait, par Monsieur Deschamps précité.

Cette situation n’exista que le temps de l’année scolaire 1917-1918 car Monsieur Thirot démissionna bientôt pour devenir instituteur communal à Bossière-Saint-Gérard, en septembre 1918, ce qui permit à Monsieur Deschamps d’accéder alors au poste d’Instituteur en chef.

A peine âgé de 19 ans, Monsieur Charles Deschamps, diplômé de l’Ecole Normale libre de Malonne, le 31.07.1911, débuta dans l’Enseignement le 19 septembre de la même année et fut désigné, à Saint-Feuillen, - nous l’avons vu – le 18 septembre 1917.

A la tête de l’Ecole, dès l’année scolaire 1918-1919, Monsieur Deschamps fut secondé par le sous-instituteur Alexandre Doumont, de Ham-sur-Sambre, (successeur de Monsieur Thirot), et ce jusqu’au 7 mars 1921, date à laquelle ce dernier fut appelé, à son tour, à la fonction d’instituteur communal en la commune susdite.

Monsieur Deschamps, en qualité d’Instituteur en chef, affronta avec courage et détermination les deux rudes années scolaires de 1918-1919 et de 1919-1920. Certes, la Grande-Guerre avait cessé, suite à l’Armistice du 11 novembre 1918, mais l’on manquait encore de beaucoup de choses : ainsi, les combustibles indispensables pour chauffer les deux classes, pendant les mois d’hiver et les jours de mauvais temps, étaient encore rationnés. Il en était de même en ce qui concernait la livraison des fournitures classiques. D’autre part, l’Ecole ne fut-elle pas dans l’obligation de fermer ses classes du 09.01.1918 au 19.01.1918, suite aux intempéries excessives de l’hiver ? Peu après, n’y eut-il pas congés extraordinaires, suite aux réquisitions militaires, et ce pour l’hébergement des troupes, les 29 octobre et 8 décembre 1918 ? De même, du 28.10.1918 au 09.12.1918 ? Bien entendu, tout ceci se fit au détriment des études !

Après la démission de Monsieur Alexandre Doumont, Monsieur Deschamps assura seul, jusqu’à la fin de l’année scolaire 1920-1921, la délicate fonction de Directeur titulaire de classe aux 4 degrés (une seule classe réunissant tous les élèves de 6 à 14 ans). Pur l’année scolaire 1921-1922, le nombre d’élèves ne satisfaisant plus au normes de maintien de la 2e classe, celle-ci fut officiellement supprimée par le retrait du second subside-traitement.

Que le jeune maître d’aujourd’hui essaie de réaliser une telle situation, laquelle, nécessairement, n’allait pas sans une somme incalculable de dévouement et d’ingéniosité méthodologique ! Quelle différence, quand on sait qu’il existe aujourd’hui, à Saint-Feuillen, douze instituteurs et institutrices, chaque année d’études étant « dédoublée » !

Cette situation se perpétua jusqu’au 1er novembre 1927. A cette date, - la population scolaire atteignant les normes prévues par la Loi, Monsieur le Doyen Crépin fit réouvrir la deuxième classe, laquelle fut confiée au sous-instituteur Alexis Delvigne, d’Aisemont, diplômé, lui aussi, de l’Ecole Normale de Malonne, le 20.07.1923.

L’Ecole s’était dotée d’un second instituteur de valeur mais, entre-temps, Monsieur Deschamps, seul, avait dû lutter avec acharnement pour maintenir bien haut la bannière de l’Etablissement et assurer sa pérennité. Au demeurant, ils sont encore nombreux, les Fossois, qui, aujourd’hui, se souviennent avec émotion de sa remarquable personnalité pédagogique, de sa forte stature, de tout son être… qui en imposait :

Lui aussi fut un « lutteur », un maître incontesté sur tous les plans, mais dont la carrière, hélas, fut trop tôt abrégée…

Voici, par ailleurs, la situation de la population scolaire de 1917 à 1933, sous le « magistère » de Messieurs Thirot et Deschamps :

    • 1917-1918 : ? élèves, 2 classes ;
    • 1918-1919 : 58 élèves, 2 classes ;
    • 1919-1920 : 53 élèves, 2 classes ;
    • 1920-1921 : 52 élèves, 2 classes ;
    • 1921-1922 : 48 élèves, 1 classe ;
    • 1922-1923 : 41 élèves, 1 classe ;
    • 1923-1924 : 39 élèves, 1 classe ;
    • 1924-1925 : 39 élèves, 1 classe ;
    • 1925-1926 : 45 élèves, 1 classe ;
    • 1926-1927 : 46 élèves, 1 classe ;
    • 1927-1928 : 53 élèves, 2 classes ;
    • 1928-1929 : 59 élèves, 2 classes ;
    • 1929-1930 : 55 élèves, 2 classes ;
    • 1930-1931 : 41 élèves, 2 classes ;
    • 1931-1932 : 39 élèves, 2 classes ;
    • 1932-1933 : 43 élèves, 2 classes ;

Le 1er août 1933, Monsieur Charles Deschamps, malade depuis le 1er février 1933, fut admis à la pension prématurée. Hélas, le nombre d’élèves étant insuffisant pour le maintien d’un second subside, une classe fut supprimée le 1er août précité.

En fait, du 1er au 28 février 1933, Monsieur Deschamps fut remplacé par un intérimaire à charge du

pouvoir organisateur de l’Ecole et, dès le 1er mars 1933, Monsieur Delvigne, seul, fut chargé de toute la population scolaire.

C’est avec un profond regret que la population catholique fossoise apprit cette retraite prématurée et qui faisait

appréhender la fermeture d’une classe, ce qui advint effectivement.

CHAPITRE VI

SOUS LA DIRECTION DE MONSIEUR ALEXIS DELVIGNE

 

Ainsi, selon le balancier bien connu de la « mouvance » scolaire, de la natalité… et, parfois, du désir des parents, l’Institution fut ramenée à une classe pour les quatre degrés, sous la responsabilité de Monsieur Delvigne.

Toutefois, la population scolaire s’étant sensiblement accrue à Saint-Feuillen, au cours de la période 1934-1938, Monsieur le Curé-doyen Pierre Blaimont décida de rétablir la seconde classe, laquelle fut confiée , le 7 septembre 1938, à Monsieur Roger Angot, d’Oignies-Aiseau, diplômé de l’Ecole Normale de Malonne, venant de l’ « Institut Saint-Jean-Baptiste » (Frères des Ecoles chrétiennes), rue du Collège, à Tamines, où il était titulaire de classe (4ème année primaire).

Dès lors, les 1ère, 2ème et 3ème années primaires se trouvèrent sous la tutelle de l’instituteur précité, Monsieur Delvigne se chargeant des 4ème, 5ème, 6ème 7ème et 8ème années.

Une dépêche ministérielle, en date du 6 février 1939, accorda – provisoirement – le deuxième subside-traitement avec effet rétroactif au 7 septembre 1938. La nomination définitive fut acquise le 18 septembre 1939.

Dès septembre 1938, Monsieur Angot avait accepté de dispenser, certains jours, après 16 heures, un cours intensif de néerlandais, et ce au profit des grands élèves volontaires, imitant en cela son Chef d’école qui, depuis septembre 1937, fournissait, aux élèves de 6ème primaire, un cours spécial d’analyse, les préparant à la 6ème latine, soit pour l’Ecole Moyenne de l’Etat, à Fosse, soit pour les Collèges des environs.

L’Ecole, qui prospérait, fut bientôt perturbée dans sa vie active, hélas, par le départ – forcé – du second titulaire de classe.

Rappelé sous les drapeaux le 1er décembre 1939, Monsieur Angot, prisonnier de guerre, le 28 mai 1940, à la fin de la Bataille de la Lys, fut déporté, en Bohème du Nord, où il séjourna 5 ans. Du 1er décembre 1939 au 20 juillet 1945, il fut remplacé par 7 intérimaires.

Libéré (de Tchécoslovaquie), Monsieur Angot reprit sa classe (1ère, 2ème et 3ème primaires) en septembre 1945 mais démissionna le 1er août 1947, appelé à Luedenscheid (Westphalie) par la Défense Nationale et l’Instruction Publique pour dispenser l’enseignement aux enfants des militaires belges stationnés au Q.G. 1er Corps (F.B.A.).

Le 15 septembre 1947, il eut pour successeur – une seconde fois – Monsieur André Wiame, lequel cessa ses fonctions le 2 septembre 1951, appelé à Ermeton-sur-Biert, en qualité de Chef d’école communale. Monsieur Wiame fut remplacé, le lendemain, par Monsieur Georges Masson, de Mettet.

Cependant l’Ecole prospérait, sa population scolaire augmentait et ce à telle enseigne qu’une troisième classe fut ouverte le 20 septembre 1951 (80 élèves inscrits au cours de l’année scolaire 1951-1952) et eut pour titulaire Monsieur Schmitz, Yvon, de Saint-Gérard.

Dès lors, et jusqu’au 30 septembre 1953, Monsieur Delvigne eut sous ses ordres Messieurs Masson et Schmitz précités.

Mais la « mouvance » du personnel continuait : le dit 30 septembre 1953, Monsieur Masson démissionnait à son tour, pour devenir instituteur communal, à Graux.

Après le passage de Madame Ghislaine Michaux-Depasse, de Ham-sur-Sambre, qui suppléa Monsieur Masson, du 2 au 31 octobre 1953, la troisième classe fut confiée, du 4 novembre 1953 au 31 août 1956 à Monsieur Louis Remy, de Soye, lequel, à sont tour, à la dernière date précitée démissionna pour aller enseigner, lui aussi, en Allemagne, à Werl (F.B.A.).

La « mouvance » se poursuivant, Monsieur Remy fut remplacé, le 3 septembre 1956, par Monsieur Raymond Tahir, de Warnant, lequel – deux ans après, soit exactement le 31 août 1958 – démissionna également pour s’engager dans l’enseignement au Congo belge.

Pendant la maladie de Monsieur Delvigne, la troisième classe (en fait le D.I.) fut confiée successivement à quatre dames qui assurèrent l’intérim du 14.11.1956 au 19.021957.

Du 1er décembre 1956 au 19 février 1957, la Direction pédagogique de l’Ecole fut exercée, à titre provisoire, par Monsieur Yvon Schmitz. Le 20 février 1957 (Monsieur Delvigne ayant été adis à la pension le 19), Monsieur Schmitz devint Chef d’école définitif et assura la Direction jusqu’au 4 janvier 1958, date à laquelle il cessa ses fonctions pour occuper une charge d’instituteur communal, à Lesve.

· · ·

Voici, par ailleurs, à titre documentaire, quelques renseignements concernant l’évolution de la population scolaire de 1933-1934 à 1557-1958 (total des élèves inscrits au cours des années scolaires ci-après) :

  • 1933-1934 : 40 élèves, 1 classe ;
  • 1934-1935 : 43 élèves, 1 classe ;
  • 1935-1936 : 44 élèves, 1 classe ;
  • 1936-1937 : 45 élèves, 1 classe ;
  • 1937-1938 : 45 élèves, 1 classe ;
  • 1938-1939 : 56 élèves, 2 classes ;
  • 1939-1940 : 66 élèves, 2 classes ;
  • 1940-1941 : 80 élèves, 2 classes ;
  • 1941-1942 : 69 élèves, 2 classes ;
  • 1942-1943 : 66 élèves, 2 classes ;
  • 1943-1944 : 63 élèves, 2 classes ;
  • 1944-1945 : 61 élèves, 2 classes ;
  • 1945-1946 : 56 élèves, 2 classes ;
  • 1946-1947 : 53 élèves, 2 classes ;
  • 1947-1948 : 50 élèves, 2 classes ;
  • 1948-1949 : 53 élèves, 2 classes ;
  • 1949-1950 : 54 élèves, 2 classes ;
  • 1950-1951 : 65 élèves, 2 classes ;
  • 1951-1952 : 78 élèves, 3 classes ;
  • 1952-1953 : 84 élèves, 3 classes ;
  • 1953-1954 : 89 élèves, 3 classes ;
  • 1954-1955 : 90 élèves, 3 classes ;
  • 1955-1956 : 81 élèves, 3 classes ;
  • 1956-1957 : 86 élèves, 3 classes ;
  • 1957-1958 : 91 élèves, 3 classes ;

 

CHAPITRE VII

SOUS LA DIRECTION DE MONSIEUR MICHEL WENIN

Monsieur Michel Wénin, natif de Beauraing, titulaire du diplôme d’instituteur délivré par l’Ecole Normale libre de Carlsbourg, fut désigné à Saint-Feuillen, fin août 1957.

Il débuta, le 25.10.1957, sous Monsieur Yvon Schmitz, Chef d’école, et exerça ses fonctions définitives de titulaire de classe jusqu’au 04.01.1958. Pendant cette période, les trois classes étaient tenues par Messieurs Schmitz, Wénin et Tahir.

Après le départ de Monsieur Schmitz, Monsieur Wénin acheva l’année scolaire 1957-1958 en qualité de Chef d’école, Mademoiselle Marie-Madeleine Demat, de Flavion, suppléant Monsieur Schmitz, démissionnaire.

Sous la direction de Monsieur Michel Wénin, pendant la période s’étalant de 1958-1959 à 1963-1964, l’Ecole garda ses trois classes. Voici, pour la dite période la composition du corps professoral :

1958-1959 : Michel Wénin, Marie-Madeleine Demat, Baudouin Albert ;

1959-1960 : Michel Wénin, Marie-Madeleine Demat, Gaillard Roger ;

1960-1961 : Michel Wénin, Marie-Madeleine Demat, Francine Pochet ;

1961-1962 : Michel Wénin, José Mazuin, Françoise Giet-Van Eslande ;

1962-1963 : Michel Wénin, Paul Deblaton, Françoise Giet-Van Eslande ;

1963-1964 : Michel Wénin, Paul Deblaton, Françoise Giet-Van Eslande ;

C’est à partir de l’année scolaire 1964-1965 que Monsieur le Doyen Jean Hennebert, Président du Pouvoir organisateur, fit ouvrir une quatrième classe, laquelle fut confiée à Mademoiselle Jocelyne Lefebvre à partir du 29.09.1964.

L’Ecole Saint-Feuillen se maintint avec quatre classes de 1964 à 1969. Voici, pour cette période la composition du personnel enseignant :

1964-1965 : Messieurs Wénin et Deblaton, Mme Giet, Mlle Lefebvre ;

1965-1966 : même personnel

1966-1967 : même personnel ;

1967-1968 : Messieurs Wénin et Deblaton, Mme Giet et Monsieur Jean-Piere Bodart ;

1968-1969 : Messieurs Wénin et Deblaton, Mme Giet et Mlle Marie-Rose Detry.

L’Ecole prospérant de plus en plus, le Pouvoir organiseur put ouvrir une cinquième classe le 08.09.1969, Mademoiselle Detry devenant institutrice provisoire dans un emploi vacant, et ce jusqu’au 31.08.1970, avant d’obtenir une nomination définitive à partir du 01.09.1970.

Pour la période s’étalant de 1969 à 1972, le personnel enseignant était constitué comme suit :

1969-1970 : MM Wénin, Deblaton, Bodart, Mme Giet, Mlle Detry ;

1970-1971 : même personnel ;

1971-1972 : même personnel.

Malheureusement, la population scolaire ne répondant plus aux normes exigées pour 5 classes, d’une part, et, d’autre part, Mademoiselle Detry ayant quitté Saint-Feuillen pour entrer dans un home de l’Etat, à Auderghem, le 10.10.1972, le nombre de classes fut ramené à 4, de sorte que la composition du corps professoral, dorénavant, se présenta comme suit :

1972-1973 : MM Wénin, Debaton, Bodart, Mme Giet ;

1973-1974 : même personnel.

En 1974, la question de la mixité, à l’Ecole St-Feuillen, commença à être envisagée avec faveur… C’était dans les mœurs du temps… Puisque la section secondaire l’adoptait bel et bien, à l’Institut des Sœurs de Sainte-Marie, dès la rentée de septembre 1974, le Pouvoir organisateur des Ecoles primaires libres, la Direction et le personnel enseignant résolurent de s’engager dans « l’aventure » de la dite mixité – c’était le 01.09.1974 – et ce pour les 6 années primaires.

Comme on le constatera ci-après, l’opération – redoutée par d’aucuns – fut cependant un succès. Ainsi, pour l’année scolaire 1974-1975, la mixité étant un fait, l’Ecole compta 12 classes : 4 provenant de l’Ecole des garçons, sise 14, rue des Zolos, et 8 provenant de l’Ecole des filles (Sœurs de Sainte-Marie) sur le Petit Chapitre.

Voici, pour l’année scolaire précitée, la composition et la destination du corps professoral :

  1. Ecole Maternelle (issue de l’Ecole pour filles sur le Petit Chapitre) :
    1. Madame Reina Michel-Daout : 1ère année (les petits) ;
    2. Madame Marie-Paule Piérard-Colaux : 2ème année (les moyens) ;
    3. Madame Francine Sacré-Pochet : 3ème année (les grands) ;
  2. Ecole primaire :
    1. Madame Françoise Giet-Van Elslande : 1ère année A ;
    2. Madame Marie-Paule Lebichot-Gossiaux : 1ère année B ;
    3. Madame Odette Warmoes-Lambot : 2ème année A ;
    4. Madame Jacqueline Antoine-Didier : 2ème année B ;
    5. Madame Marie-Antoinette Tonneau-Bodart : 3ème année A ;
    6. Monsieur Bodart Jean-Pierre : 3ème année B ;
    7. Monsieur Deblaton Paul : 4ème année A
    8. Mademoiselle Marie-Claire Hennin : 4ème année B ;
    9. Sœur Adèle-Marie : 5ème année A ;
    10. Madame Bernadette Migeot-Fauche : 5ème année B ;
    11. Sœur Rose-Madeleine : 6ème année A ;
    12. Monsieur Michel Wénin : 6ème année B.
  1. Direction des Ecoles maternelle et primaire :
    1. Monsieur Michel Wénin, Directeur pédagogique ;
    2. Sœur Rose-Madeleine, Directrice administrative.

Par ailleurs, Monsieur Wénin – Directeur déchargé de la tenue d’une classe, dès l’année scolaire 1975-1976 – a eu l’obligeance de me fournir, d’une part la composition et la destination du personnel enseignant et, d’autre part, le mouvement de la population scolaire, depuis cette époque.

En ce qui concerne le corps professoral, le tableau suivant – beaucoup mieux qu’une longue prose – explicitera parfaitement la situation de chaque titulaire de classe, au niveau du primaire :

 

1975-1976

1796-1977

1977-1978

1978-1979

1979-1980

1980-1981

I

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II

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III

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IV

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V

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VI

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VII

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VIII

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IX

164

164

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165

166

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XI

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X

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XII

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X

X

X

I : Mme F. Giet-Van Elslande : 1ère A ;

II : Mme M.-P. Lebichot-Gossiaux : 1ère B ;

III : Mme O. Warmoes-Lambot : 2ème A ;

IV : Mme J. Antoine-Didier : 2ème B ;

V : Mme M.-A. Tonneau-Bodart : 3ème A ;

VI: Mme Eliane Wauthy-Bassetto : 3ème B ;

VII: Mr P. Deblaton: 4ème A;

VIII: Mme Danielle Mathy-Devignon: 4ème B;

IX : Mme Christine Lamy-Buchet : 5ème année B ;

X : Mme Marie-Angèle Van Derlinden-Galer : 5ème année B ;

XI : Mme Marie-Claire Van Eeckhout-Hennin : 6ème année A ;

XII: Mr J.P. Bodart : 6ème année B.

Voici, de même, un tableau du personnel relatif à la section maternelle:

 

1975-1976

1796-1977

1977-1978

1978-1979

1979-1980

1980-1981

I

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II

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III

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IV

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I : Mme R. Michel-Daout : 1ère année ;

II : Mme M.P. Piérard-Colaux : 2ème année ;

III : Mme Brigitte Verstaete-Godenne : 3ème année A ;

IV : Mme F. Sacré-Pochet : 3ème année B.

Enfin, depuis l’année scolaire 1980-1981, l’Ecole mixte Saint-Feuillen a été dotée d’un professeur d’éducation physique – d’abord Monsieur Verschoren, Achile, auquel a succédé Monsieur Delval Stéphane – d’une puéricultrice (section gardienne), Mademoiselle Romain, Martine, et, enfin d’un instituteur stagiaire diplômé, Monsieur Thierry Lepinne.

Suite à l’instauration de la mixité, des élèves de plus en plus nombreux affluèrent et se trouvèrent bientôt à l’étroit dans les anciennes classes ; il fallut se résoudre à construire de nouveaux locaux. Cette grave décision fut prise par le Comité scolaire dans les premiers mois de 1976 et, sur les conseils du Service des Investissements de l’Enseignement catholique, on fit appel au Fonds National de la garantie de l’Etat.

Le 7 décembre 1976, le dossier ad hoc fut remis au S.I.E.C et, le lendemain même, le Pouvoir organisateur reçut l’accord de principe du Département de l’Education Nationale.

Les travaux ne tardèrent pas ; les chantiers – longeant la Ruelle de l’Ecolâtre – furent ouverts au mois de mars 1978.

On était en pleine année scolaire 1977-1978 et, à cette époque, beaucoup de Fossois pensaient qu’il serait impossible, aux élèves, d’occuper leurs nouveaux locaux, le lundi 4 septembre 1978, jour de la rentrée. Et, cependant, c’est ce qui eut lieu. Ce jour-là, garçons et filles de l’Ecole Saint-Feuillen – Institution magistralement rénovée en un peu plus de 6 mois – franchirent le seuil de leurs nouvelles classes et – comme le déclara Monsieur Wénin, lors de l’inauguration du nouveau complexe, le 23 septembre 1978 – un monde « où l’on aime sa classe et son école parce qu’il y fait bon vivre et travailler ».

· ·

Voici, depuis l’année scolaire 1958-1959, l’évolution de la population scolaire de Saint-Feuillen :

1958-1959 : 80 élèves, 3 classes ;

1959-1960 : 66 élèves, 3 classes ;

1960-1961 : 67 élèves, 3 classes ;

1961-1962 : 80 élèves, 3 classes ;

1962-1963 : 73 élèves, 3 classes ;

1963-1964 : 73 élèves, 3 classes ;

1964-1965 : 91 élèves, 4 classes ;

1965-1966 : 84 élèves, 4 classes ;

1966-1967 : 86 élèves, 4 classes ;

1967-1968 : 94 élèves, 4 classes ;

1968-1969 : 96 élèves, 4 classes ;

1969-1970 : 110 élèves, 5 classes ;

1970-1971 : 108 élèves, 5 classes ;

1971-1972 : 85 élèves, 5 classes ;

1972-1973 : 80 élèves, 4 classes ;

1973-1974 : 80 élèves, 4 classes.

A partir de l’année scolaire 1974-1975, la mixité étant acquise, l’évolution se présenta comme suit au niveau primaire :

1974-1975 : 255 élèves, dont 89 garçons et 166 filles ; 12 classes ;

1975-1976 : 267 élèves, dont 99 garçons et 168 filles ; 12 classes ;

1976-1977 : 282 élèves, dont 116 garçons et 166 filles, 12 classes ;

1977-1978 : 247 élèves, dont 103 garçons et 144 filles, 12 classes ;

1978-1979 : 247 élèves, dont 117 garçons et 130 filles, 12 classes ;

1979-1980 : 241 élèves, dont 117 garçons et 124 filles, 12 classes ;

1980-1981 : 227 élèves, dont 112 garçons et 115 filles ; 12 classes.

De même, au niveau maternel, la population scolaire évolua comme suit :

1974-1975 : 103 élèves, dont 58 garçons et 45 filles, 3 classes ;

1975-1976 : 94 élèves, dont 50 garçons et 44 filles, 3 classes ;

1976-1977 : 83 élèves, dont 41 garçons et 42 filles ; 3 classes ;

1977-1978 : 74 élèves, dont 33 garçons et 41 filles, 3 classes ;

1978-1979 : 82 élèves, dont 45 garçons et 37 filles, 3 classes ;

1979-1980 : 87 élèves, dont 50 garçons et 37 filles ; 4 classes ;

1980-1981 : 87 élèves, dont 49 garçons et 38 filles ; 4 classes.

· ·

Mais il nous reste un mot à dire de « l’ancêtre », c’est-à-dire l’Ecole Saint-Feuillen primitive, sise au lieu-dit « les Ollaux ». Les bâtiments n’ont pas changé d’aspect depuis leur dernière rénovation.

Toutefois, depuis l’année scolaire 1974-1975, ils abritent les classes maternelles de l’Institution.

Ajoutons – in fine – que l’ancienne demeure de l’Instituteur en chef, Emile Lallemand, - longtemps occupée par Messieurs les vicaires de Fosse, puis par des particuliers – constitue, aujourd’hui, la résidence des Sœurs de Sainte-Marie, et ce depuis octobre 1977.

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L’inauguration officielle des nouveaux locaux scolaires de l’Ecole libre de Fosse eut lieu le samedi après-midi, 23 septembre 1978.

Sous l’en-tête « Ciel bleu et salve d’honneur à Fosses-la Ville », le quotidien « Vers l’Avenir » en fournit un compte rendu parfaitement circonstancié.

Dans la nouvelle cour de l’Institution, - où s’étaient rassemblées de nombreuses personnalités civiles, religieuses, et du monde pédagogique – Monsieur l’abbé Pol Bero, Révérend Doyen de Fosse, accueillit d’abord chaleureusement les dites personnalités ainsi que les nombreux amis de l’Ecole, venus assister à cette cérémonie. Ensuite, rappelant les travaux accomplis, il remercia vivement tous ceux qui participèrent « à la réalisation du projet, à la fois laborieux et sinueux ».

 

Monsieur Michel Wénin fit, en larges touches, l’historique de l’Enseignement, à Fosse, évoquant notamment l’Ecole primitive du « Monastère des Scots », l’ « Ecole capitulaire de la Collégiale Saint-Feuillen », et, enfin, l’ « Ecole des Sœurs Grises » établie à Fosse dès 1517.

Après avoir rappelé le triste état de notre enseignement sous la République française – Une et Indivisible – sous l’Empire et sous le Régime hollandais, Monsieur Wénin magnifia l’Oeuvre des Sœurs de Sainte-Marie, établies, à Fosse, en qualité d’enseignantes dès 1838, ainsi que la création, aux Ollaux, de l’Ecole Saint-Feuillen.

Saluant, au passage, les trois principaux Directeurs qui le précédèrent – nommément Monsieur Lallemand, Deschamps et Delvigne – il termina en soulignant la grande « aventure » de la mixité et en retraçant l’historique des dernières constructions…

Monsieur l’abbé Gillet, Vicaire épiscopal, responsable diocésain de l’Enseignement, expliqua le rôle de l’Ecole chrétienne, celui-ci devant être un signe de rassemblement autour de la personne du Christ. « L’Education, poursuivit-il, n’est pas seulement une question de connaissances mais, bien plus, une question de climat et de cœur ». Il eut des mots, très aimables pour le personnel enseignant à qui il rappela que les valeurs doivent être vécues avent d’être enseignées.

Le bourgmestre de Fosse, se faisant tout particulièrement l’interprète du Collège échevinal, déclara se sentir particulièrement heureux de procéder à une telle inauguration et, par ailleurs, mit l’accent sur l’importance des petites écoles dans le monde éducatif actuel.

Après ces bouquets d’éloquence, après la bénédiction des nouveaux locaux par Monsieur l’abbé Gillet, le bourgmestre, suivi par les personnalités présentes et par les nombreux amis de l’Ecole, coupa le ruban symbolique.

Rien ne manqua au cours de cette inauguration ! Les participants eurent même la joie d’admirer la présence d’un magnifique peloton de Grenadiers du Premier Empire – avec la cantinière bien entendu, – marcheurs appartenant à la « Marche Saint-Rémy » de Nèvremont. Et, comme il se doit, la fin de la cérémonie protocolaire fut « ponctuée » par une tonitruante décharge des mousquets.

Parmi les personnalités présentes, on put remarquer notamment, Monsieur J. Dupagne, représentant le Ministre de l’Education Nationale, ainsi que les abbés Dechambre et Fosseprez, respectivement Inspecteur principal diocésain et Inspecteur de religion.

Enfin, comme il se doit, la cérémonie se termina, dans la bonne humeur, par la visite des nouveaux locaux et par la dégustation du traditionnel vin d’honneur.

Ceux qui vécurent la journée faste du samedi 23 septembre 1978 en garderont un impérissable souvenir.

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Le dimanche 14 septembre 1980, le Pouvoir organisateur, la Direction et le Personnel enseignant de l’Ecole Saint-Feuillen, en présence de nombreux invités et sympathisants – anciens élèves et anciens maîtres notamment – célébrèrent avec ferveur et enthousiasme, le Centenaire de la création de l’Ecole.

A 11 heures, - en présence d’une foule considérable de fidèles massés dans l’antique Collégiale Saint-Feuillen aux assises notgériennes - fut célébrée une grand-messe solennelle avec accompagnement de la chorale paroissiale, sous la direction de Monsieur Clément Buchet, organiste.

L’homélie – remarquable et en partie en wallon – fut prononcée par le Révérend Père Jean Guillaume, Fossois d’origine, ancien élève de l’Ecole Saint-Feuillen, professeur aux Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix, à Namur.

A l’issue de l’office, les très nombreux participants se groupèrent dans la cour du vénérable Etablissement, rue des Zolos, où un vin d’honneur fut servi.

La journée se poursuivit par la dégustation d’un excellent buffet froid et par une allocution de circonstance au cours de laquelle Monsieur l’abbé Pol Bero, Curé-doyen, « brossa », en un tableau sobre mais suggestif, l’historique condensé de l’Etablissement centenaire.

Ce fut tard, dans l’après-midi, que se clôtura, dans la sérénité et dans la joie de certaines retrouvailles, cette belle journée du Souvenir.

ANNEXE I

ALLOCUTION PRONONCEE PAR MONSIEUR MICHEL WENIN A L’OCCASION DE L’INAUGURATION DES NOUVEAUX LOCAUX SCOLAIRES LE 23 SEPTEMBRE 1978.

 

« Révérendes Sœurs, Mesdames, Mesdemoiselles, Messiers,

Au nom du Personnel enseignant et des élèves de l’Ecole Saint-Feuillen, je tiens, à mon tour, à remercier chaleureusement toutes les personnalités qui ont bien voulu accepter d’être parmi nous aujourd’hui.

Un grand merci également à tous ceux qui, par leur travail, furent, de près ou de loin, les artisans de cette belle réalisation.

Il m’échoit, maintenant, l’honneur de vous retracer brièvement l’historique de l’Enseignement chrétien à Fosses.

Lorsque saint Feuillen arriva chez nous, avec ses compagnons, vers 650, il construisit un modeste monastère à l’emplacement actuel de la Collégiale.

On peut présumer que son souci missionnaire se doublait d’une volonté d’éduquer les populations. Ce sont, en tout cas, des moines anglo-saxons qui mirent au point le premier programme d’enseignement du haut Moyen-Age. Charlemagne, devenu Empereur d’Occident, rappela à plusieurs reprises l’obligation, pour chaque monastère, de posséder une école. On peut donc être assuré qu’il en exista une à Fosses, au plus tard en 800.

A la fin du Xème siècle, un Chapitre de 30 chanoines avait remplacé les moines mais cela n’affecta en rien la vie de l’Ecole qui devint simplement capitulaire. On connaît, à partir de l’an mille, le nom de plusieurs maîtres, appelés en ce temps-là « écolâtres ». Et si les nouvelles Ecoles qui vont être inaugurées sont situées rue des Ecolâtres, c’est tout simplement parce qu’elles ont pris la place de l’ancienne Ecole qui s’élevait ici voici plus de 1.000 ans.

Jusqu’au XVIème siècle, seuls les garçons eurent le privilège d’être scolarisés. Mais, en 1517, des Sœurs Grises vinrent s’installer « En Leiche » et y édifièrent un « hospital », puis une école pour filles et même un pensionnat.

L’Ecole capitulaire et celle des Sœurs Grises fonctionnèrent jusqu’en 1797 et furent supprimées en même temps que le Chapitre. Le régime napoléonien, puis le régime hollandais essayèrent bien de mettre en place un véritable enseignement public, mais les projets échouèrent les uns après les autres.

En 1830, la Belgique devint indépendante mais elle était quasi ruinée. C’est ainsi que la Commune de Fosses ne put, pendant 10 ans, payer qu’un seul instituteur pour le Centre, Haut-Vent, Bambois, Nèvremont et Aisemont. Cet instituteur donnait sa classe dans une cave de l’ancien Hôtel de ville, pourtant déclaré insalubre. Et il ne pouvait y accepter que des garçons.

C’est pourquoi, en 1838, le Conseil communal fit appel à des Sœurs de Sainte-Marie pour donner un enseignement aux filles de Fosses. Elles s’installèrent dans l’ancienne trésorerie du Chapitre.

1879 vit la promulgation de la Loi concernant la neutralité de l’enseignement public. Le Doyen Banneux réagit en construisant l’année même une Ecole catholique pour garçons : Saint-Feuillen ! Le premier maître en fut Monsieur Lallemand qui resta en fonctions pendant (près de) 40 ans, avant d’être remplacé par Monsieur Deschamps, puis par Monsieur Delvigne.

En 1879 également, les Sœurs qui avaient perdu leur statut d’institutrices communales, mais qui avaient gardé le bâtiment, continuèrent leur enseignement et même le développèrent car elles agrandirent le pensionnat et ouvrirent une Ecole gardienne en 1880.

E puis, pendant près d’un siècle, plus rien ne se passa, si ce ne fut l’ouverture d’un cycle secondaire inférieur et quelques modifications aux bâtiments ;

Arriva 1974 et la question de la mixité. La section secondaire l’ayant décidée pour la rentrée de septembre, le Comité scolaire des Ecoles primaires et le Personnel enseignant prirent le risque de l’instaurer la même année, dans les six années primaires. Très vite, les élèves, de plus en plus nombreux, se trouvèrent à l’étroit dans les vieilles classes : il faillait construire…

Dans les premiers mois de 1976, le Comité scolaire prit la décision de bâtir 9 classes et, sur le conseil du Service des Investissements de l’Enseignement catholique, de faire appel au Fonds National de Garantie de l’Etat. Le Comité retint le système de construction de la Firme « Préfab » de Courcelles et choisit un architecte fossois, Monsieur Libouton, à qui il confia l’étude du projet. La cour de récréation et les abords furent réalisés par les Firmes Nonet de Bois-de-Villers, et Leblanc de Mettet.

Le 7 décembre 1976, le dossier fut remis au S.I.E.C. et, le lendemain, nous recevions l’accord de principe du Ministre de l’Education Nationale. L’ouverture des soumissions eut lieu le 3 août 1977 et le chantier fut ouvert en mars 1978.

Peu de gens avaient cru que l’on rentrerait en septembre dans les bâtiments qui s’élevaient un peu plus chaque jour. Et pourtant, le lundi 4 septembre, les élèves franchissaient le seuil de leurs nouvelles classes et découvraient un nouveau monde : celui où l’on aime sa classe et son Ecole parce qu’il y fait bon vivre et y travailler.

 

ANNEXE II

HOMELIE PRONONCEE PAR LE R.P. JEAN GUILLAUME A L’OCCASION DU CENTENAIRE DE L’ECOLE

« Ce n’est pas un anniversaire ordinaire que nous fêtons aujourd’hui. C’est l’évocation d’un geste de foi héroïque posé il y a 100 ans par quelques Fossois qui avaient pris au sérieux, la première – j’allais dire la seule – question du catéchisme : aimer, connaître et servir Dieu. Nous leur devons tout.

Ils avaient pressenti que la vie dépendait de l’enfance, et que celle-ci gardait son mystérieux privilège : « La part du monde encore susceptible de rachat n’appartient qu’aux enfants, aux héros et aux martyrs. (Bernanos) « Ils savaient aussi que le Royaume n’appartient qu’à ceux-là qui leur ressemblent, et que « tout est joué avant que nous ayons douze ans. (Péguy) ».

A six ans, nous sortions des mains autoritaires de Soeur Anastasia - figure de légende s’il en fut – pour être confiés à Monsieur Deschamps qui régnait en maître absolu sur les six classes primaires. Qu’il me soit permis d’évoquer sa grande bonté ; et de songer que telle de ses paroles restera pour la vie dans le cœur de ses petits élèves. Que ceux-ci soient devenus ou non des intellectuels importe peu ; notre maître nous apprenait à vivre notre vie au jour le jour, comme cet humble chrétien dont les catacombes rappellent, dans une inscription, qu’il était charretier, et qu’il est allé à Dieu tous les jour en conduisant son chariot.

C’était une école où il n’y avait ni riches ni pauvres – j’y ai, pour ma part, beaucoup perfectionné  mon wallon, – une école où les enfants d’une même génération se sont rencontrés pour la première fois, et ont fait l’expérience de la camaraderie. Ceux-là qu’on a connus alors, nous savons bien qu’on ne les oublie plus. Quelle leçon à l’aube de la vie !

Compagnons d’école qu’un appétit, souvent modéré du savoir, rassemblait avant de les lancer comme de petits hommes, et bientôt de grands hommes, sur les routes de la vie : je suis sûr qu’ils sont nombreux aujourd’hui à se souvenir, avec reconnaissance, de ce temps béni, et pas seulement parce qu’on aime à se pencher sur les années révolues, mais parce que ces années-là étaient vraies ; elles étaient peuplées de présences.

Qu’on me permette de terminer sur une présence de choix, celle des mamans qui sont tant venues attendre leur petit, chaque jour :

« Elle a mwinrné l’èfant à scole.

Por lèye, ç’a stî s’prumî nûlia.

Est-ce qu’on ressère dins one gayole

Lès mazindjes èt lès sauverdias ?

Et come i faut qu’èle vôye li r’qwère,

Sès-ouy sont tofêr su l’câdran ;

Mins lès-èwîyes n’avanç’nut wère,

Et l’balancî ènn’a pèzant.

Li vî tic-tac doûç’mint s’balance

Come one saquî qu’arot bin l’timps;

Lèye n’è pout pus, èle court d’avance,

Ca chone trop long quand on ratind.

Et les momans tortotes èchone,

Po vôy soûtti leû p’tit crapon,

Sont d’vant li scole. Là l’cloke qui sone :

C’è-st-one voléye di djonnes mouchons.

Mi p’tit colou… Come on l’rabrèsse !

On-z-è rîrot bin en tchantant…

(P. Moureau).

Nous marcherons le reste do notre vie en chantant, comme un enfant qui a mis sa main dans la main de Dieu. »

 

ANNEXE III

ALLOCUTION PRONONCEE PAR MONSIEUR LE DOYEN POL BERO A L’OCCASION DU CENTENAIRE DE L’ECOLE.

(Après les remerciements d’usage)

« Suivant les mouvements de balancier bien connus de l’histoire, une loi, vite appelée « Loi de malheur » fut votée à Bruxelles le 01.07.1879 en réaction contre le cléricalisme accusé, à tort ou à raison, de vouloir accaparer l’enseignement dans notre pays. Cette loi vidait pratiquement toutes les écoles officielles et communales d’une animation et d’un enseignement religieux. Cette loi, qui ne devait rester en vigueur que cinq ans, provoqua une réaction de la plupart des chrétiens. C’état l’époque où l’on chantait avec ardeur :

« Nous voulons Dieu dans nos écoles,

Afin qu’on enseigne à nos fils

Sa loi, sa divine Parole,

Sous le regard du Crucifix »

Si notre époque connaît une plus grande tolérance réciproque, c’est parfois en diluant la vue des valeurs chrétiennes dans un flou tentant ; si nos ancêtres, dans la foi, ont parfois fondé et travaillé en termes de combat, nous pouvons cependant prendre de la semence de leur foi et de leur zèle.

Toujours est-il que, l’année qui suivit, 2.064 écoles libres virent le jour en Belgique : 36, rien que dans le canton de Fosses, dont l’école Saint-Feuillen destinée aux garçons.

Beaucoup plus modeste que les bâtiments actuels de la Rue des Zolos, elle ne comptait au départ qu’une seule classe qui s’ouvrit le 13 octobre 1879 sous la responsabilité de Mr Emile Lallemand, de Corbion-sur-Semois, qui devait la diriger jusqu’en 1917.

A l’époque, la maison et les terrains achetés dans ce but avaient coûté 2.400 F ; la maison destinée à Mr Lallemand, et maintenant habitée par les Sœurs, 6.560F. Il est certain que l’entièreté des aménagements et constructions, pour cette première année de l’école Saint-Feuillen, fut financée par Monsieur Gérard-Gilles, domicilié à Fosses puis à Namur : les prix d’alors nous laissent rêveurs, sauf si nous nous rappelons que les salaires étaient à l’avenant : 1 porte, 95F ; 1 pupitre, 28F ; 1 journée de main-d’œuvre, 1,50F ; 72m³ de sable pour 108 F ; 116.900 briques à moins d’un centime la brique.

L’aventure était donc commencée et la lecture attentive des documents témoins nous laisse deviner que certaines tensions, des soucis d’argent, allaient de pair avec la vitalité et la réussite de l’institution. Une deuxième classe s’ouvrit presqu’aussiôt. Après de hauts et des bas, une troisième en 1951, une quatrième en 1964, une cinquième en 1969, puis la fusion dans la mixité en 1974 (actuellement 105 garçons sur 225 élèves en primaire et 90 en classes maternelles).

Bien des dévouements se sont prodigués depuis 100 ans dans l’école Saint-Feuillen : avant d’arriver à l’équipe sympathique d’aujourd’hui qui compte 12 enseignants en primaire et 4 en (section) gardienne, sous la Direction de Me Wénin (applaudissements) laissez-moi vous citer les différents chefs d’école qui se sont succédé :

  • de 1879 à 1917, Mr Emile Lallemand (quand il décéda en 1925, huit ans après sa retraite effective, il avait 73 ans ; le Doyen Crépin lui consacra un article dans le journal paroissial de l’époque : « Les Cloches de Saint-Feuillen » ; je vous renvoie à la reprise de cet article qui paraît par extraits dans le journal « Dimanche ») ;
  • de 1918 à 1933, Mr Charles Deschamps, de Marche-les-Dames, que beaucoup d’entre vous ont bien connu et dont la famille habite toujours Fosses (pour raison de santé, il dut malheureusement prendre prématurément sa pension) ;
  • de 1933 à 1956, Mr Alexis Delvigne ;
  • de 1956 à 1958, Mr Yvon Schmitz :
  • depuis 1958, Mr Michel Wénin.

S’il n’est guère possible de citer d’une manière exhaustive toux ceux et celles qui se sont dévoués pour les petits Fossois depuis un siècle, je vous invite cependant à évoquer leur mémoire avec respect, gratitude et émotion. En leur honneur, je cite volontiers ces quelques lignes de Maurice Grévisse, décédé le 4 juillet dernier, qui disait, en parlant de son maître d’école de Rulles : « Je me revois sur les vieux bancs en bois de la petite école de mon village. Les murs sont ornés de cartes de géographie, de dessins réalisés par les écoliers, de phrases écrites sur des bandelettes pour l’apprentissage de la lecture. L’instituteur, vêtu d’un cache-poussière gris, veille sur nous. Son regard exprime la bonté et aussi la volonté de nous apprendre à travailler. C’est un homme qui m’a vraiment émerveillé. Jamais je ne l’oublierai. Toute ma vie a été marquée par ce regard la fois doux et exigeant. Oui, je peux dire que mon maître d’école m’a appris beaucoup tout en me donnant vraiment le goût du travail. »

Si l’école Saint-Feuillen vibrait comme une ruche jusque 16 heures, pendant 16 ans, de 1899 à 1915 – sur l’initiative de Monsieur Lallemand – un cours d’adultes y fonctionna trois soirées par semaine, de septembre à mars pour des cours généraux et pour la lutte antialcoolique. Au début du siècle, s’y adjoignirent une mutualité de retraite et une épargne scolaire.

Revenons au problème des bâtiments : en 1926, le Doyen Crépin acquérait l’ensemble de l’école… A plusieurs reprises, des travaux furent effectués :

en 1959, installation du chauffage central ;

entre 1961 et 1969, restauration de la toiture, renouvellement des plafonds, installation d’une nouvelle cloison entre la salle et la première classe, suppression de la scène, peinture des classes et de la salle, restauration du mur de la cour, remplacement de la grille et du treillis, construction d’une nouvelle classe et d’un bloc sanitaire, renouvellement des portes et des fenêtres avec vitres incassables, crépi intérieur.

En 1974, au moment où fur créée la mixité, Saint-Feuillen devint le domaine des petits de l’école maternelle tandis que les filles et les garçons du primaire s’en allèrent, en septembre 1978, vers les nouvelles classes de la rue des Ecolâtres (15.000.000, restauration comprise).

Cette courte histoire, bien incomplète, n’est pas terminée : l’école Saint-Feuillen, si elle a changé de résidence et est devenue mixte, est un être bien vivant, riche de ce qu’il y a de plus précieux dans notre patrimoine : les enfants. Elle est toute tendue vers leur avenir afin de leur donner, en plénitude, l’épanouissement humain et spirituel auquel ils ont droit.

Souhaitons à notre chère école, dans l’avenir, une pleine réussite et un essor toujours nouveau : « Qui accueille en MON nom cet enfant, m’accueille moi-même. » (Luc IX, 48)

 

 

COMPOSITION ACTUELLE DU POUVOIR ORGANISATEUR de « L’ECOLE PRIMAIRE ET GARDIENNE LIBRE SUBVENTIONNEE MIXTE SAINT-FEUILLEN »

PLACE DU CHAPITRE, 4 – 5660 A FOSSES-LA-VILLE

Président 

Monsieur l’abbé Pol Bero, Doyen de Fosse

Secrétaire 

Monsieur Michel Wénin ; Instituteur en Chef 

Trésorier 

Monsieur Léon Loiseau (de Fosse) 

Membres 

Messieurs Jacques Jeanmart, vicaire à Fosse 

André Calande

Jacques Gilbert

André Smoos, (de Fosse) 

Jean-Claude Englebert, Directeur de l’Institut de Sainte-Marie (Fosse)

Mesdames Marie-Thérèse Vincent 

Marie-Claire Martin, psychologue (de Fosse)

COMPOSITION ACTUELLE DE L’ASSOCIATION DES PARENTS MEMBRES DU BUREAU

 

Présidente 

Madame Marie-Thérèse Vincent, de Fosse 

Vice-président 

Monsieur Jules Dubois, de St-Gérard (Gonoy) 

Secrétaire 

Monsieur Pierre Lepinne, de Fosse (Nèvremont) 

Trésorier 

Monsieur Jules Hostenbock, de Fosse 

Membres 

Mesdames Giet, Françoise, de Fosse 

Diane Romedenne, de St-Gérard 

Francine Hardenne, de St-Gérard 

Andrée Schmitz, de Fosse 

Dominique Smoos, de Fosse 

Isabelle Gravy, de St-Gérard

Messieurs Guy Blondiaux, de Fosse 

Guy Drèze, de Fosse 

Armand Puylaert, de Mettet 

Philippe Remy, de Fosse 

Jean-Caude Englebert, de Mettet 

Michel Wénin, de Fosse

 

 

 

 

ADDENDA

 

Extrait du « Messager de Fosses » du 28.11.1909, n° 48 :

 

« L’inauguration du vaste local bâti aux frais de M. Théophile Gérard, et mis par lui à la disposition des oeuvres catholiques de Fosses, aura lieu dimanche à trois heures après que la bénédiction en aura été faite par Monsieur le Doyen »

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Monsieur Théophile Gérard, né à Fosses, le 17 octobre 1836, décéda à Namur le 15 novembre 1929.

A Fosse, il fut Président du Conseil de Fabrique de l’église, membre fondateur de la Société de Saint-Vincent-de-Paul et surtout, l’ardent défenseur et généreux bienfaiteur de l’Oeuvre des Ecoles catholiques