Rue du Postil. Reuwe do Posti
Voici une photo qui nous reporte une centaine d'années en arrière. C'est une photo qui tait partie d'une série de photos de coins de Fosses appartenant au pharmacien Jossart (installé dans le bas de la rue de Vitrival, où se situe aujourd'hui la coiffeuse Nicole Ipercielle). C'était sans doute un pionnier de la photographie amateur, bien que le photographe Emile Pochet (par la suite Studio De-moulin) fût déjà installé, alors rue de la Station. Cette photo prise du haut de la rue du Postil nous rappelle quelques noms de commerçants de l'époque (car la rue du Postil était la rue la plus commerçante de la ville) : a gauche, une partie de la maison du boucher-charcutier Joseph Coppée. Curieusement, après bien d'autres affectations, elle est redevenue Boucherie (Léglise). Ce fut par la suite vente de denrées coloniales, boulangerie (Maurice Genot, Julien Dupuis puis Jacob). Plus bas, la maison de l'horloger Delmarche-Hernoux une maison qui connut aussi pas mal de types différents de commerces : épicerie Piéfon-Zique, appareils ménagers Raoul Haine, Delhaize avec Dieudonné Riguelle, puis café-restaurant « Le Relais du Postil » et enfin « La Bonbonnière » avec une façade complètement rénovée. Plus bas, un magasin de confection " Au meilleur marché" tenu par Jean Stiénon-Pouet, puis Adrien Lemaire-Genot ce fut aussi un magasin d'alimentation, puis la Coopérative, puis un marchand de journaux (Henton) et aujourd'hui la Boutique 2000. Plus bas encore, c était la maison de Mlle Thérèse Leborne (rentière). Dans le fond, on aperçoit le magasin du chapelier Dehasse (en dernier lieu le café Al Goyette). A droite, l'inscription nous indique le commerce de J. Mathieu-Lainé farine et son, tabacs et cigares (on ne parlait guère de cigarettes à l'époque, car les fumeurs roulaient eux-mêmes leurs cigarettes) et puis le tabac était aussi acheté par les fumeurs de pipe, nombreux à l'époque. Ce fut ensuite le marchand de bois Delaire qui y tenait aussi le Café du Midi. Puis ce fut un Delhaize (Groven) avant d'être expropriée et abattue en 1957 pour améliorer la vue dans ce carrefour important. Plus bas, ce fut l'horticulteur Nestor Col-son, puis Joseph Neubourg, puis le brasseur Joseph Schmitz... Plus bas encore, le pharmacien Emile Mas-son, qui revendit sa maison à Duculot (librairie et imprimerie du Messager), pour s'installer plus bas (act. pharmacie Boxus). Après Duculot, ce fut le pharmacien Votion, puis Mlle Sacré qui repartit où se trouve la pharmacie Boxus et aujourd'hui le magasin Press Shop. Que de changements en un siècle! Que de noms qui rappellent aux plus anciens, quelques souvenirs. Et, Si l'on poursuit, plus bas dans cette môme rue, chaque maison, ou à peu près, a été occupée par des commerces les plus divers et souvent éphémères. Ainsi, au cours de ce dernier demi-siècle, il n'est plus aucun propriétaire d'alors (sauf un) qui fonctionne encore aujourd'hui.
Et il en est ainsi pour la plupart des maisons du centre de Fosses. Ah, Si nos grands-parents revenaient, ils ne retrouveraient plus guère de descendants de familles de leur époque.