N°7     18 février 2000

 

Il y a 25 ans dans

Le Messager

 

MOIS DE FÉVRIER 1975

- Les 8, 9 et 10 février, les Chines se rendent à Paris et en Vendôme, invités par la Fédération du Tourisme français.

- Le 8 février, inauguration officielle de l'aile droite du Home Dejaifve ou a été créé un Centre V pour cures de convalescent.(nous en avons parlé longuement la semaine dernière).

- Des réparations ont eu lieu au clocher de Fosses : le carillon a été remis en fonctionnement et les 4 cadrans marquent l'heure, après une inertie de plusieurs années.

- On annonce la réouverture des étangs des Forges pat M. et Mme Henry qui ont sérieusement ré empoissonné l'endroit.

- Délivrance des plaques de vélos et vélomoteurs au bureau des Recettes des Contributions avec prix variant suivant les communes. Pour Aisemont 105 F pour le vélo et 160 pour le vélo-moteur. A Fosses : 105 et 175 F. A Le Roux :115 et 175F. A Vitrival :105 et 175F. A Sart-Eustache :110 et 175F. A Sart-St-Laurent : 60 et 100 F.

- Grands feux à Vitrival et à Aisemont le samedi 15 février avec remise de prix et coupes aux plus beaux travestis. A Vitrival, il tut allumé par M. et Mme Christian Lambert-Lapierre qui s'étaient mariés le matin même et à Aisemont par M. et Mme Jules Brosteaux-Gillain.

- Grand feu aussi à Haut-Vent le samedi 22 et à Le Roux (reprise) allumé par M. et Mme Leleu-Pèant.

- Les jeunes crossmen de l'A.C. Fosse se distinguent à Couvin. Francis Jaumotte devient champion provincial en Cadets, suivi par un autre Fossois, Van Hoof.

Le rapport administratif de la ville

Nous poursuivons les détails du rapport administratif de la ville.

 

SERVICE INCENDIE:

- Capitaine : Philippe Scieur

- Sergents : Daniel Falque, Jean Giust, Gérard Gosset, André Rifflart

-Caporaux : Frank Geuens, Jean-Claude Gosset, Francis Leclercq, Michel Marique, Jean-Marc Mathot, Rudy Mazuin, Jean-Louis Van Hal.

-Sapeurs Tadeuz Bak, Michel Bastin, Pascal Baufays, Patrick Briot, Jean-Luc Charue, Jean-Christophe Colot, Alain Devadder, Johan Falque, Stéphane Falque, Jean-Marc Gheerts, Philippe Gheerts, David Helman, Claudine Herquin, Luc Honnay, Pascal Jacquemart, Christian Lambert, Marcel Lamy, Dimitri Larivière, Freddy Leclercq, Guy Lessire, Robert Manque, Serge Martin, André Pire, Eddy Scieur, Serge Thérasse.

-Stagiaires : Jean-Luc Callaert, Philippe Crabbe, Olivier Dufrasne, Sullivan Falque, Christophe Lamy, Jean-François Pessleux, David Van Hal, Michel Wouters.Tous sont volontaires et domiciliés a Fosses.

Liste des interventions pour l'année

1999 (arrêtée au 15-12):

- Incendies : 54 + 9 fausses alertes

- Feux de cheminée :14

- Feux de broussailles :12

- Désincarcérations : 33

- Nettoyages de route : 94

- Nids de guêpes: 134

- Pompages : 46

- Pollutions : 26

- Plongeurs : 7

- Divers : 40

- Renforts :12 (8 x pour incendie et 4 x pour plongeurs.

L'ambulance a effectué 1.029 sorties, principalement pour des malades a domicile.

Liste du matériel

- 2 autos-pompes (1980 et 1992)

- 2 camions-citernes (1975 et 1980]

- 2 Mercedes pour feux de forêts (1982]

- 1 Dodge pour dés incarcération (1977)

- 1 échelle aérienne de 24 m (1993]

- 1 camionnette (1997)

- 1 voiture de commandement (1995)

- 2 ambulances (1988 et 1995)

 

SERVICE DES TRAVAUX:

Nous avons donné la semaine dernière la liste du personnel affecté au service des travaux, géré par l'échevin G. Sarto qui dispose donc d'un contrôleur de travaux, 2 commis, 3 chefs d'équipe, 9 ouvriers quai., 6 manœuvres et 10 ACS. Le service dispose aussi d'un matériel roulant de 13 véhicules + trémie, compresseur, Karcher, semoir, bétonnières, ponceuses, raboteuse, scie a onglets, foreuse, meuleuse, marteau perforateur, groupe électrogène, disqueuses, scie sauteuse, scie circulaire, débroussailleuses, étau, pompe a eau, dameuse, lames chasse-neige, combinée a bois, scie a ruban aspirateur, visseuse, poste a souder, taille-haie, tracepanne, traceur routier, furet, échafaudage en alu, élévateur, brosse de désherbage, rouleau a tarmac, plaque vibrante, tronçonneuse, tondeuses, etc. Le service doit pouvoir assurer l'entretien de 53 bâtiments communaux (4 maisons communales, 4 presbytères, 17 églises et chapelles, 7 salles, 9 bâtiments scolaires, 15 autres bâtiments. Le service doit aussi entretenir un réseau routier de 240 km, nettoyage et remise en état de fossés et égouts. Il faut aussi ajouter les missions d'entretien et de réparation de voirie : nids de poule, fossés obstrués, curage des avaloirs, déneigement en période hivernale, fauchage en période estivale, placer puis enlever toutes signalisations, barrières Nadar, drapeaux, guirlandes, etc. La section cimetières est chargée de l'entretien de 11 cimetières avec 75 inhumations et 8 exhumations. M. Raymond Bernard (indépendant) s'occupe de l'entretien et réparations des véhicules du Service. Mme Frédérique Arnould est chargée du pointage (5 sections], l'administration y afférente, s'occupe aussi de l'affichage public, recensement agricole, état des lieux des salles et vente de sacs poubelles.

(à suivre)

Deux centenaires au Home Dejaifve

Récemment, nous annoncions l'anniversaire d'un futur centenaire en la personne de M. Alexis Philippot, résident du Home Dejaifve depuis quelques années et qui a eu 100 ans le 6 février. Mais entre-temps, une autre centenaire est venue chez nous, au Home : il s'agit de Mme Lucie Dumont, qui fêtait ses 103 ans le 5 février. A cette occasion, ces deux jubilaires ont été fêtés ce lundi 14 février après-midi en présence de M. Chr. Lalière, Mme Remy, bourgmestre de Floreffe (d'où sont originaires ces deux centenaires>, le bourgmestre M. Spineux, la direction et le personnel du Home. Les doyen et doyenne de notre entité ont été congratulés et couverts de fleurs et de cadeaux tout en dégustant le verre de l'amitié.

- Mme Lucie Dumont est née àVonêche le 5 février 1897, au sein d'une famille de 12 enfants dont elle est la dixième. Ses parents sont décédés octogénaires et deux de ses sœurs ont été nonagénaires. Veuve depuis 1985, elle eut la douleur de perdre son fils unique dans un accident d'aviation alors qu'il pilotait un Spitfire. Elle a alors quitté Flawinne où elle tenait une épicerie pour s'installer à Franière. En décembre 1998, à la suite d'une chute, elle est entrée au Home Dejaifve. Elle a conservé une mémoire assez exceptionnelle.

- M. Alexis Philippot est né à Robersart (Franière) le 6 février 1900. Il est l'aîné d'une famille de 5 enfants Sa sœur cadette de la famille a 95 ans et est aussi hébergée au Home Dejaifve et se trouvait dans l'assemblée. M. Philippot est veuf depuis trois ans. Son épouse était couturière et lui travailla à la SNCB dès l'âge de il ans et fit carrière comme ajusteur à l'atelier de Ronet. Le couple n'a pas eu d'enfant. Il s'installa dès son mariage au hameau de Buzet où ils furent fêtés à plusieurs reprises, notamment à l'occasion de leurs noces d'or, de diamant, de brillant et de platine. Ils sont venus au Home Dejaifve en 1995. Jusqu'il y a peu, il pratiquait assez régulièrement le vélo d'appartement, ce qui le maintenait en forme. Ce que l'on peut affirmer, c'est que ces deux centenaires ne paraissent pas leur âge. Après cette sympathique cérémonie d'hommage, les personnalités présentes leur donnèrent rendez-vous en février prochain.

Conseil communal (suite)

 

LE BUDGET 2000

Avant de présenter sur écran, par une série de tableaux, son budget pour l'an 2000, l'échevin des Finances Louis Lamy tait quelques remarques préalables. Lourdement grevé pendant des an-nées par une intervention anormale pour le CPAS jusque 50 millions), le budget communal est à présent rééquilibré grâce à une saine gestion et malgré le coût d'amélioration sérieuses, au niveau du personnel et des travaux de voirie entre autres. Il y eut, l'an dernier, l'épisode dû à l'erreur du Ministère des Finances sur les revenus globaux des habitants de Fosses qui nous a amputés de 14 millions du Fonds des Communes. Pour rappel, un habitant de Le Roux s'était vu réclamer un impôt de plus de 427 millions. Avec une réclamation de M. Boigelot pour le tait que la notification budgétaire ne tenait pas compte de cette amputation (provisoire) et une enquêté serrée de M. Lamy pour trouver l'erreur et la faire rectifier au plus tôt. Cette répartition du Fonds des Communes, trop avantageuse pour les grandes villes, devrait être revue. Autre domaine où Fosses est désavantagé les subsides dans la répartition du Plan triennal : on reproche parfois à l'équipe actuelle de ne pas assez solliciter les subsides de l'Etat, mais quand on sait que sur 130 millions de travaux programmés dans ce Plan, seuls 11% ont été subsidiés, on comprend que s'il fallait attendre des subsides pour tout, la voirie serait dans un état déplorable. Un exemple la réfection de la rue Sainte-Brigide, programmée depuis quatre ans, n'est toujours pas retenue à la Région. Par contre, le Collège a voulu avancer dans d'autres domaines : la révision générale des barèmes du personnel communal (appliquée depuis janvier 98 alors que nombre de communes voisines n'y sont pas encore), le renforcement du cadre de Police, des Pompiers et du personnel de voirie (politique de l'emploi dont on parle tant dans le contrat d'avenir pour la Wallonie, réalisée à Fosses), de nouveaux locaux pour le CPAS, une réelle politique culturelle... Et l'échevin répond à une circulaire du PS évoquant une faillite financière de la Commune : malgré une diminution d'impôts de près de 5 millions, l'équilibre budgétaire est maintenu. Il présente alors ses tableaux chiffrés, très évocateurs .

 

La critique

L'opposition réagit à ce tableau qui lui semble trop idyllique:

- M. Brachotte estime qu'il est dangereux de comparer la charge de la dette de 1986 avec celle de 2000, que le boni annoncé est faux (en écriture, oui, mais seulement grâce au boni antérieur) que les recettes ne sont pas réelles et que des dépenses ont été oubliées (déficit INASEP, intervention insuffisante pour le CPAS, personnel à engager dont les traitements ne sont pas prévus). Quant aux travaux du budget extraordinaire, on n'en réalise que le quart. Et il parle de" manipulation étrange » de chiffres.

- M. Lamy rétorque que dans les emprunts, on a profité des taux favorables actuellement : de 1992 à 1995 (gestion PS-PRL), le total des emprunts n'est passé que de 110 à 115 millions (peu d'investissements) mais avec une charge annuelle de 18,5 millions pour cette année, avec un total de 181 millions, on n'a que 20 millions de charge : n'est-ce pas là une bonne gestion ? Le bourgmestre admet qu'il y a encore beaucoup à faire pour la voirie (le trafic est de plus en plus intense), mais on a réalisé beaucoup et le pouvoir d'emprunt de la Commune laisse une marge appréciable.

- Plus incisive est la critique de M. Moreau : la taxe sur les Carrières prévoit, cumulée depuis 5 ans

 

une recette 19 millions qui est loin l'affaire est au Conseil résultat est fort indécis. pour 4 employés administratifs et 2 pompiers en plus, rien n’est prevu au budget. A cela M Lamy répond qu'un fonds

13 millions est constitué pour pallier une éventuelle perte de la taxe sur les carrières et que, pour le personnel on a prévu des emplois Smet ou ACS il est aussi quelques paroles plus es critiques et réponses. Par exemple,M. Brachotte : " Votre programme est un catalogue 3-Suisses dont vous ne réaliserez presque rien

Et pour M Moreau : "Votre budget est un château de cartes : une seule bouge et tout s’écroule! ".

Pour B. Meuter: Vous voudriez faire croire que nous ne faisons rien pour avoir des subside, mais moi je ne sais pas leur mettre un revolver sur la tempe pour avoir du fric! Et puis, ce sont vos amis qui sont au pouvoir (à la Province et à la Région) et vous n'avez pas levé le petit doigt pour nous aider à avoir des subsides pour Fosses ». Et M. Spineux: La population n'est pas aveugle, elle voit ce que nous avons réalisé. Et le personnel, jamais il n'a été aussi bien considéré et équipé !

Après ces quelques passes d'armes, on passe au vote et le budget communal est approuvé par 10 contre 9 pour l'ordinaire, par 10 oui et 9 abstentions pour l'extraordinaire " parce que nous ne sommes pas opposés sur tout justifie la minorité.

Il se présente donc comme suit:

Total des recettes 259.224.295

Total des dépenses 255.666.950

soit un boni de l'année de 3.557.345

Boni des exercices antér. 3.885.601

7.442.946

Transfert à l'extraord. - 5.857.875

Boni général 1.585.071

 

Patrimoine

Les travaux de transformation de l'ancien Nopri en locaux pour le CPAS nécessitent un avenant de 1.457 F (oui, sans zéros derrière, précise l'échevin Charles). Après coupe et vente de bois, les travaux forestiers de replantation sont estimés à 135.500 F dont 63.000 subsidiés à 60%. une parcelle de terrain de 10 ares

49, à côté de l'ancienne école de Bambois, est vendue pour 688.650 F (650 F/m2).

 

Un point de M. Boigelot

Le moins qu'on puisse dire, c'est que M. Boigelot a de la suite dans les idées : il revient sur l'orthographe de Haut-Vent en deux mots avec un trait d'union et, à l'appui, il fournit l'avis de la Commission de Toponymie en ce sens. Il faut une décision officielle, normaliser les différentes graphies et en informer les administrations concernées : registre national (à l'origine de l'erreur), Région Wallonne, Poste, Finances, Cadastre. Mais, énervée par les réclamations tatillonnes de M. Boigelot, la majorité refuse sa proposition (10 non, 9 oui), laissant les choses en l'état.

 

A huis clos

Des intérims dans les écoles sont admis (notamment Dominique Verstraete à Névremont) ainsi que le renouvellement d'engagement de Philippe Gheerts comme pompier volontaire.

Les matches du week-end

Samedi 19 février

Préminimes, à 13 h: Fosses - Ham

Bambois - Floreffe

Minimes, à 15h : Yves - Fosses

Juniors, à 15 h:

Série A: Bambois - Molignée

Espois, à 15 h:

Série A : Fosses: bye

Spéciales, à 15 h:

Série D: Saint-Gérard - Aisemont

Fosses et Bambois: bye

Dimanche 20 février

Cadets,à 10h30:

Série C : Aisemont: bye

Bambois - Sambreville

Div. 1 : Nismes - Fosses

Div. 3: Bambois - Philippeville

Div. 4 : Aisemont - Bonneville

La légende de la Gatte d'or (IV)

(suite)

Longtemps, très longtemps, Gaspar attendit, frissonnant parfois, mal-gré sa chaude houppelande, sous les mouillures de la fraîche rosée. Enfin, vers Fosses, la bas du soleil commença à s'éclaircir Et puis, les premières lueurs de l'aurore rosirent le levant, refoulèrent la nuit, depuis les hauteurs qui se découpaient avec une minutie de détails très nets sur le clair bleuté de l'atmosphère les mêmes lueurs se glissèrent ensuite sur les tréfonds de la vallée. Soudain, entre deux écharpes de cette brume opaline traînant encore dans les saulées d'un méandre de la Biesme, l'Ermite surgit! Il jaillit plutôt, tel un fantôme jouant au passe-muraille! Gaspar le vit, qui marchait à grandes enjambées malgré la charge d'un gros sac aux flancs rebondis, qu'il portait jeté au travers des épaules. Ainsi allant, ses pas démesurés l'eurent vite rendu près de sa demeure. Là, il se débarrassa du sac. Sans perdre l'instant que tout homme aurait consacré à se redresser les reins endoloris, Jehan se mit en devoir d'allumer un feu digne d'un brasier d'enfer dans le four tout proche... D'épaisses volutes de fumée s'échappèrent bien vite du sommet de la cheminée et mêlèrent leurs circonvolutions échevelées aux ultimes effiloches du brouillard auroral. Beaucoup de grosses bûches prirent au fil des minutes, le chemin du four infernal. Et, lorsque ce brasier dantesque eut transformé les rondins en braises ardentes, Jehan l'Ermite, plus flamboya,nt que jamais, sous les reflets dansants des dernières lueurs, ouvrit enfin le sac qu'il avait, sans effort apparent, traîné jusqu'auprès du four. Et, avec des gestes aussi précautionneux que ceux d'une sage-femme nouant le cordon ombilical à un nouveau-né, il commença à extirper à grosses poignées, la « terre contenue dans le sac pour la déposer ensuite, avec le même luxe d'attentions au milieu du foyer, sous la voûté chauffée à blanc du four. Entre-temps, la clarté du jour s'était faite plus franche et permettait d'y voir de mieux en mieux. De plus en plus étonné et qui ne l'aurait point été dans sa situation - Gaspar découvrait tout ce spectacle comme Si on l'aurait placé dans une loge d'avant-scène au théâtre de la fantasmagorie. Au terme d'un temps encore, il vit l'Ermite amener auprès de la gueule du four ce qui lui parut être une grosse marmite, mais si grande, qu'elle tenait carrément d chaudron à cuire la « caboulée » du cochon. Toujours sans perdre un instant, l'Ermite fixa un bout de tuyau en terre cuite dans un trou creusé à l'affleurement extérieur de la sole du four. De suite, par l'extrémité du conduit, commença de couler dans la marmite une matière grise, épaisse, ayant l'apparence du suif à demi figé. Entre-temps, l'Ermite avait allume un nouveau feu, cette fois avec des bûches bien sèches et ce, entre des pierres plates disposées comme un foyer. L'écoulement du magma visqueux ayant cessé, il disposa la marmite sur ce nouveau feu devenu vif. Rentré un instant dans sa demeure, Jehan, en ressortit presque aussitôt, portant une grande jarre de grès. Il en versa le contenu, un liquide épais, de couleur bleu-argent, dans la marmite. Ce liquide, était-ce du vif argent ?, une matière que, forcément, Gaspar ne pouvait connaître. De plus en plus intrigué, Gaspar dèl Riolle, mal à l'aise, à la fois par ce qu'il voyait et de par sa position incommode, vit ensuite l'Ermite touiller dans la marmite avec un bout de bois gros comme un bras. Ce bois écorcé se calcinait dans le contenu du chaudron. Tout remuant ainsi sa cuisine du diable, l'Ermite marmonnait des paroles étranges. Tendant l'oreille que pourtant il avait fine, Gaspar chercha en vain à ouïr distinctement et à comprendre ce charabia. Et il n'osait faire un seul geste, ne fût-ce que d'avancer la tète, une action qui, sans nul doute, eut trahi sa présence. Trois fois encore, l'Ermite rentra chez lui chercher des jarres, plus petites que la première, qui contenait des liquides d'autres teintes du rouge, du bleu et du vert... A chaque fois, avec la plus grande prudence, il versa les divers contenus dans le chaudron, toujours en touillant l'amalgame avec le bois qui se calcinait de plus on plus. Dans le même temps, il ne manquait pas d'entretenir l'ardeur du feu en l'alimentant régulièrement avec des bûches bien sèches.. Inexorablement, le temps passait Il faisait maintenant grand jour... Gaspar, dans sa pose incommode, se sentait les membres de plus en plus engourdis. Sous les rayons du soleil, la clarté devenait plus vive, mais Gaspar avait choisi son poste de guet à merveille, bien dissimulé par les branches de l'aubépine. Sous le feu du chaudron, le feu qui n'était plus alimenté depuis un moment, commençait à décroître. Mais l'Ermite mélangeait toujours sa mixture avec la même vigueur. Sans cesse, du récipient, une abondante fumée à puanteur soufrée s'échappait en gros volutes. Lorsqu'une saute du vent en amenait une bouffée jusqu'aux narines de Gaspar, celui-ci devait se retenir de respirer en frôlant l'étouffement pour ne pas partir en une grande quinte de toux révélatrice de sa présence...

(à suivre) DERO

On nous écrit …

L'article paru en première page la semaine dernière et intitulé « Sinistrose et disproportion », minimisant le danger d'un gouvernement en Autriche avec la présence d'un parti d'Extrême droite, a suscité des réactions diverses et fut interprété très différemment par nos lecteurs. Certains l'ont trouvé juste et sensé, d'autres ont été offusqués, comme en témoignent ces deux réponses.

 

Liberté :que de crimes on commet en ton nom!

Liberté de presse, liberté d'expression deux atouts majeurs dans une Société démocratique. Est-ce pour cela qu'un journal doit d’accepter de TOUT publier, sans exiger une signature d'engagement de la part de l'auteur d'un article partisan et provocateur ? Et pourquoi ce désir d'anonymat ? Est-ce justement de la provocation ou bien (et c'est ce qui serait le mieux !) une certaine retenue et un doute quant au bien fondé de sa pensée. J'appartiens a une génération qui n'a heureusement pas connu les pages les plus noires de notre Histoire. Mais j'estime qu'il y a un devoir de mémoire et que la banalisation de la situation politique de l'Autriche est très GRAVE Le plus léger entrebâillement de la porte vers la minimisation des faits peut constituer le début d'une grande ouverture vers l'admission de tous excès politiques débouchant sur la Dictature. Soyons libres de nos pensées, tolérants mais VIGILANTS.

Et tant mieux pour l'auteur de l'article Si, dans ses pensées « visionnaires », il est intimement persuadé que l'Histoire ne peut se renouveler. Puisse-t-il avoir raison

Jacqueline DE PAOLI-ANTONIEL

 

 

Réponse à M. A. Nonyme

C'est avec un mélange de colère et de dégoût que j'ai lu « Sinistrose et disproportion ». Pourquoi ce sentiment ? Comme dans de nombreuses familles, j'ai souffert du nazisme un père qui a fait 13 camps de concentration en 27 mois de détention et pesant 37 kg a son retour a la fin de la guerre un oncle qui a goûté de la forteresse de Huy un autre oncle ayant été arrêté en remplacement de son fils réfractaire et assassiné le jour de ses 25 ans a Etalle , pourquoi ironiser dans ce qui s'est passé dans notre petit pays pour mieux excuser l'arrivée de l'extrême droite sur le scène européenne ? Considérer Dutroux a un gamin ne manque pas d'air et s'il y avait des personnes a sanctionner, c'étaient celles qui ont permis sa libération Pour la dioxine, c'était un problème économique grave pour le marché alimentaire intérieur et l'exportation, une fraude et des profits pour quelques personnes. Hélas, ce n'est pas la première fois ni la dernière que cela arrive (vin frelaté en France, huile en Espagne). Les contrôles et la répression s'organisent après une nouvelle forme de délit et non avant, que je sache. Les effets de ce poison étant dangereux et plus ou moins inconnus a long terme, ne valait-il pas mieux enterrer ces délicieux poulets ? Pour l'affaire Coca-Cola, les boîtes ont été conditionnées en France. Cette puissance multinationale n'en mourra pas, mais ne faisant pas de sentiments, les licenciements dans le personnel ont déjà commencé. Non, Monsieur, on ne conditionne pas les enfants dans les écoles, les enseignants ne sont pas des fascistes. On leur explique pourquoi ils n'iront pas en Autriche, décision prise collégialement par leurs professeurs et leurs parents. L'Autriche est gouvernée par un parti conservateur qui a préféré s'allier a l'extrême droite Pour moi, ils sont dans le même sac et représentent la majorité puisqu'ils sont au pouvoir. Les comparer au Vlaamse blok a Anvers est un mauvais exemple. Ce parti est dans l'opposition et est contré par une majorité démocratique. Si un jour cela change, il y aura d'autres jardins zoologiques a visiter. Que peut-on attendre de bon d'un Haider qui doit sa situation aisée a un héritage reçu d'un oncle une scierie et des bois « achetés » a des Juifs avant la guerre. Il fraternise avec d'anciens SS. Ne provoquera-t-il pas des incidents avant que les lois démocratiques de son pays soient abolies ? Les conservateurs avec qui son parti gouverne, quelles concessions ont ils dû faire ? Les accords ne seront-ils pas que des chiffons de papier ? L'époque a changé, Tes moyens qu'il pourrait employer sont différents, mais le but reste le même... le nationalisme. Non, il n'est pas question de rassurer et de relativiser. Si ce qui se passe en Autriche est banalisé, le danger deviendra permanent de voir apparaître des émules, des complices. des partis en mal de pouvoir dans d'autres pays seront tentés et oseront s'allier a des partis d'extrême droite, la peur de la critique et des sanctions n'existant pas. Que deviendra l'Europe que l'on voudrait avoir ? Qui vivra verra, mais n'oublions pas l'adage qui dit « Qui ignore l'histoire sera condamné a la revivre ». Voila, j'ai écrit ce que j'avais sur le cœur. J'espère que mon message sera lu et fera son chemin, que notre démocratie vivra, qu'elle ne pêchera pas par excès démocratique comme cela risque d'arriver, ses ennemis n'attendent que cela. Enfin, j'adresse un chaleureux bravo a une jeunesse qui proclame ses justes valeurs, en laquelle j'ai confiance et qui défendra nos libertés. Que vive notre petit pays où l'on n'est tout de même pas si mal, dans une Europe unie et libre.

Lucienne Braibant. Georges Desuenne

 

 

Quid de la responsabilité?

Ce soir, j'ai vu a la TV, sur Arte, le film « La jeunesse sous Hitler ». Ce n'était pas de la fiction mais la plus effrayante vérité. Quand Baldur von Schirach faisait appel aux enfants de 10 ans, les embrigadant au service du socialisme national de Hitler, comme Lénine et Staline ont embrigadé les jeunes de leur pays au service du 50cialisme international qu'ils prônaient, on se « pose » des questions il y a donc un mode d'emploi pour transformer des enfants en robots, en esclaves du régime, en tuant toute velléité d'indépendance de l'esprit. Or, nous venons d'assister dans notre pays au spectacle d'enfants récitant devant la Tv une leçon bien apprise impliquant un pays étranger, évoquant des choses auxquelles ils ne comprennent rien. Quel est l'enfant qui oserait refuser de se conformer a l'invitation (je n'ose pas dire l'ordre) d'un enseignant qui lui donne l'occasion de paraître sur l'écran ? Quels sont les parents qui, s'ils ne sont pas d'accord, oseront protester ? Si j'avais été allemand entre les deux guerres ou russe et avais eu des enfants en age d'être manipulés, j'aurais dû fuir pour n'avoir pas de gros ennuis. Si j'avais maintenant encore des enfants innocents en age d'être manipulés et qu'on veuille le faire, je sais que je réagirais violemment Ceux qui organisent ces manifestations sont certainement opposés a ce qu'il v ait des enfants-soldats, mais pas opposés aux enfants-perroquets. Se rendent-ils compte que des enfants-perroquets offriront moins de résistance a devenir des fanatiques. Ont-ils le sens des responsabilités ? Je suppose que le Gouvernement de mon pays l'a et qu'après avoir conseillé aux Belges de ne pas aller en vacances en Au-triche, suscitant ainsi chez des importateurs autrichiens des mesures de rétorsion qui pénalisent, par exemple, un pépiniériste qui ne pourra écouler, comme les autres années, ses plantes en Autriche, l'importateur choisissant des fournisseurs hollandais ou allemands dont les gouvernements n'ont pas réagi sans réfléchir, notre Gouvernement dis-je, aura le geste responsable de dédommager l'entreprise lésée?

Notez que, bien que j'aime la discipline librement consentie, Si l'on me donnait le conseil ou l'ordre de ne pas passer mes vacances quelque part, il est probable que j'opterais pour l'attitude opposée.

R.A.A VIROUX

Le Vieux Moulin va changer de propriétaire

 

Ces dernières années. l'ancien café-restaurant Le Vieux Moulin, place du Marché, était resté inoccupé et inexploité. Les derniers locataires ayant quitté les lieux, le bâtiments était vide depuis plusieurs mois et l'asbl Les Amis du Vieux Moulin, propriétaire, a décidé de vendre. La vente publique avait lieu ce mercredi, une offre a été transmise, sans doute inférieure à ce qu'espérait le vendeur, c'est pourquoi une nouvelle vente aura lieu le mois prochain. Situé en plein cœur de Fosses, ce bâtiment de style à un passé historique florissant. Cet ancien moulin de la ville aurait été construit en 1149, restauré en 1551 par le prince évêque Georges d'Autriche comme en témoigne une pierre gravée à ses armoiries scellée dans la façade. Un incendie l'endommagea en 1888 et le moulin poursuivit son activité jusqu'entre les deux guerres. Il était a la disposition des fermiers et boulangers de la région qui y venaient moudre leur grain. Il fut vendu par confiscation des biens du clergé lors de la Révolution française et d'héritage en héritage devint propriété de la veuve Charles Genart. Il fut enfin loué après la guerre comme dépôt de brasserie. Vers 1954, il fut acheté par une ASBL « Les Amis du Vieux Moulin », qui le restaura complètement en café-restaurant, avec comme but que les bénéfices des loyers reviendraient aux oeuvres paroissiales. A l'intérieur a été érigée une cheminée ornée d'une pierre de taille représentant le vieux sceau de la ville de 1342. Les anciennes poutres ont été conservées. En 1985, deux vitraux représentant deux Chinels (d'après un dessin de Jean Jadin. ancien dessinateur à Vers l'Avenir et client assidu>, améliorait encore l'exceptionnel décor de ce café fréquenté par une clientèle posée et calme, un établissement ou l'on se sentait bien. Le premier gérant fut Norbert Debaste qui y resta peu de temps et quitta pour s'installer aux Trois-Bras (actuel Relais de la Marlagne) puis ce fut M. et Mme Mathy, très appréciés, mais après plusieurs années d'exploitation et de « bons et loyaux services », ils quittèrent pour reprendre l'actuel Castel place du Chapitre, ancienne propriété de l'avocat Fernand Loiseau. Il y eut ensuite plusieurs gérants qui ne restèrent jamais très longtemps, puis ce fut M. et Mme Thierry Demeuse, jeune couple qui apporta une nouvelle impulsion à l'établissement. Apres quelques années d'exploitation, ils passèrent la main pour aller s'installer en France et c'est M. et Mme Lara-Romain qui poursuivirent l'exploitation en y apportant un style nouveau, ou des musiciens de jazz s'y produisaient assez régulièrement. Il fut ensuite repris par M. Moucheron, pour peu de temps encore et après le départ de ce dernier, l'établissement resta vide de très longs mois. Il faut dire que les conditions de location ne permettaient pas aux gérants d'y espérer faire fortune. Entre-temps. les membres qui avaient créé l'a.s.b.l. décédèrent ou quittèrent peu à peu, Si bien que parmi les membres de départ, seul restait Franz Loiseau, ancien assureur à Fosses, mais qui, hélas, n'est plus très jeune.. On parla un moment de vendre, mais il ne se présenta pas d'amateur suffisamment fortuné pour y investir une importante somme d'argent. Il y eut encore un dernier locataire qui laissa les choses aller, avec une clientèle, entre-temps, qui avait totalement disparu. La belle réputation du Vieux Moulin s'était évanouie peu à peu. Que faire alors de ce gros bâtiment qui ne rapportait plus rien. Sa destination première, celle d'en faire bénéficier les oeuvres paroissiales, n'avait plus sa raison d'être et c'est sans doute la raison pour laquelle il fut décidé de vendre cette magnifique propriété. Si bien située en plein centre de la ville. Comme nous le disions, la vente a donc eu lieu ce mercredi par les soins du notaire namurois Philippe Balthazar, mais comme il fallait s'y attendre, les amateurs n'étaient pas légion, les offres n'ont sans doute pas atteint ce que vaut ce bâtiment aux yeux des vendeurs. La dernière offre se serait arrêtée à 5 millions, que propose M. Freddy Falque, de Sart-Saint-Laurent. Prochaine vente le 13 mars.

Le foot il y a 75 ans

Bien sûr, nos lecteurs ne reconnaîtront personne parmi ces joueurs car il s'agit d'une équipe de Hal. Un joueur a pourtant habité Fosses il s'agit de René Radelet (accroupi au 1er rang à gauche),.qui avait fait bâtir à Névremont et dont l'épouse, Julia Van Mulder, fut centenaire, décédée au Home Dejaifve il y a quelque temps déjà. Mais ce qui nous incite à reproduire cette photo, c'est aussi pour la curiosité de l'arbitre (debout à droite, sifflet en main). Il arbitrait avec col blanc amidonné et nœud papillon Il a plutôt l'allure d'un instituteur et son sifflet n'est guère conforme