N° 19    12 mai 2000

Les aînés se souviennent…

 La semaine dernière, sous ce même titre, nous rappelions le 60e anniversaire, le 10 mai, de la pénétration des troupes allemandes dans notre pays et, de ce fait, pour nous Belges, de l'entrée dans la seconde guerre mondiale. Et aussi du début de cinq années de privations, de craintes, de séparation pour de nombreuses familles. Nous avions relaté les événements du 10 mai et l'entrée des armées allemandes dans notre pays, à la surprise générale. Le lendemain, le samedi Il mai, des réfugiés venus de l'Est du pays passent déjà aux Quatre-Bras, se dirigeant vers Mettet et Florennes, pour gagner le Nord de la France. Certains Fossois quittent aussi leurs maisons, emportant le strict nécessaire. A pied, avec vélos, brouettes, voiturette d'enfant, ou avec un voisin cultivateur dont les chevaux pouvaient tirer de gros chariots bourrés de tout le nécessaire. Rares sont ceux qui utilisent une voiture réservée aux privilégiés. Les gares sont envahies et les trains pris d'assaut, tout cela dans un désordre indescriptible, mais la circulation ferroviaire est lourdement perturbée.

Les dimanche 12 (Pentecôte) et lundi 13, la ville de Fosses se vide littéralement de ses habitants, pris de panique en voyant tous ces réfugiés sur les routes.

Il est difficile de savoir ce qui se passa les jours suivants à Fosses. On sait que tous les conseillers communaux, de même que le personnel communal, étaient parti. Seul le bourgmestre Joseph Mingeot forma un comité provisoire pour assurer la nourriture aux quelques centaines de Fossois encore présents, afin de prélever les stocks de farine chez les boulangers absents, ou chez les bouchers qui ne disposaient alors que de glacières et non de frigos la viande ne pouvait donc pas se conserver longtemps. Pendant ce temps, il y eut aussi des pillages : par les réfugiés de passage, ou par les soldats français et belges en déroute.

Il semblerait que les Allemands soient entrés à Fosses le jeudi 16 mai. D'après un récit officiel de l'offensive allemande, des avants-gardes se sont présentées à Fosses le jeudi vers 7 heures. Mais est-ce 7 h du matin ou du soir? car il y a 60 ans, on disait plus couramment 7 h (du soir) pour 19 heures....

De longs mois plus tard, en septembre 1944, nous connaissions enfin la libération du pays par les troupes alliées, mais cette libération ne mit pas complètement fin aux horreurs de la guerre. En effet, le

ravitaillement de la population ne s'améliora pas en quelques semaines et les privations se poursuivirent, malgré une sensible amélioration. Mais ce furent cette fois les bombes volantes (V1 et V2) lancées à partir de l'Allemagne, qui risquaient de tomber à tout instant et causer d'importants dégâts. La plupart des grosses agglomérations belges étaient visées et on connut la venue à Fosses, zone un peu plus protégée, de nombreux citadins venir se réfugier chez nous. Puis ce fut l'offensive des Ardennes qui provoqua encore la fuite de nombreux civils accourru de l'Est du pays pour éviter ces derniers assauts allemands. Ce fut aussi la découverte par les alliés des horreurs des camps de concentration le retour des prisonniers, avec la peine de certaines familles qui apprirent la disparition d'un des leurs... et enfin, le 8 mai 1945, la nouvelle de la capitulation de l'Allemagne. On pouvait enfin respirer, la guerre était finie et le pays allait se remettre doucement mais péniblement de ces cinq années d'horreur. Il est vrai que cet anniversaire de la paix retrouvée, du 8 mai 1945, n'est pas fêté comme il se doit, par nos groupements patriotiques qui ont toujours jumelé la fin des hostilités de la seconde guerre avec celle de la première, le Il novembre donc.

Sans doute notre population a-t-elle été plus durement marquée par les atrocités de la première guerre, mais Si les souvenirs ne peuvent s'effacer bien sûr, il faut reconnaître qu'il n'y a plus guère de témoins de cette première tourmente et que, par contre, la totalité de nos aînés encore vivants se souviennent de ce qu'ils ont vécu au cours de ces années 40-45 qui marquèrent une partie de leur jeunesse.

Il est difficile évidemment de changer une tradition les festivités patriotiques du 11 novembre ,tradition qui existe depuis plus de quatre-vingts ans, et pourtant, cela ne serait-il pas plus logique?

L'erreur a été commise après la seconde guerre. Il eût été plus normal, après 1945, d'abandonner cette date du 1l novembre qui n'avait plus été fêtée depuis 1939 et de grouper ces deux fêtes le 8 mai. Mais les anciens de 14-18 n'ont sans doute pas voulu abandonner « leur» date, pour eux qui avaient combattu au cours de la 1re guerre, le novembre était une date souvenir qu'il ne devait pas se perdre. Le 1l novembre ayant été adopté pour commémorer la fin des deux guerres, il était à prévoir que cette date du 8 mai soit un peu oubliée.

La population fossoise insécurisée après une bagarre qui a dégénéré

et blessé d'innocentes victimes

Samedi dans la soirée le centre de Fosses était en fête après la venue d'une centaine de cyclistes amateurs venus du Rœulx et, sur la place du Marché, des stands avaient été mon-tés par le Syndicat d'initiative, aidé en de la par des membres du jeune comité des têtes qui entamaient ainsi à leurs premières activités. Ils participaient bénévolement à créer sur la Place du Marché une ambiance de fête à la veille de la Sainte-Brigide. Un groupe de jazz jouait sur le kiosque et 'atmosphère générale était à la fête. Quand tout à coup trois jeunes malfaiteurs s'en prirent à une autre bande du même acabit et la bagarre prit des allures d'extrême violence. Le public était terrorisé et ceux qui voulurent les calmer ou s'interposer furent malmenés. Un monsieur voulant protéger une personne fut menace a son tour, de même que Pierre Rouard qui lui fut emmené à l'hôpital par l'ambulance de Fosses (nez cassé>. Finalement, ces malfrats se sont enfuis à bord d'une camionnette, non sans avoir cassé la vitre de la porte d'entrée de la maison du Syndicat d'initiative et choqué une femme enceinte, blessée par des éclats de verre à la jambe. Les forces de l'ordre ont alors débarqué sur la place avec de sérieux renforts venus de Namur, Profonde-ville, Jemeppe et Mettet. Le bourgmestre et le commissaire Simonini furent rapidement sur place et reçurent les doléances de la population qui en a vraiment assez de cette atmosphère d'insécurité qui règne dans notre ville depuis pas mal de mois. En effet, ces quelques énergumènes usent régulièrement de leurs menaces pour obtenir ce dont ils ont besoin. Ainsi, ils avaient bu pour environ 2.000 F au Clos Saint-Feuillen et sont sortis sans payer ; plusieurs commerçants de la ville ont ainsi subi pareils préjudices, sans oser intervenir, de crainte de dangereuses menaces... Des plaintes avaient déjà été déposées mais, hélas, classées sans suite par une Justice trop laxiste qui ne mesure pas la gravité de ces faits I Le bourgmestre, quant à lui, est fermement décidé à faire ce qu'il faudra pour mettre fin à ces agissements intolérables et à ramener dans sa Commune une atmosphère plus sereine et plus sécurisante.

Des directives furent données par le bourgmestre aux policiers qui entamèrent des recherches au domicile des suspects. Vers 1 heure du matin, un suspect était arrêté et placé sous mandat d'arrêt, des chefs de port d'arme prohibée, dégradation de biens publics, de coups et blessures volontaires. Les deux autres complices étaient aussi activement recherchés; l'un d'eux aurait été appréhendé. Que penser de tout cela ? Qu'il serait bien temps que notre Justice, qui a été tant de fois décriée depuis l'affaire Dutroux, prenne enfin des mesures plus fermes envers tous ces fauteurs de trouble ; envers ces êtres nuisibles qui se croient tout permis et savent qu'ils ne risquent rien. L'on constate aussi que certains de nos politiciens et de nos magistrats sont de véritables inconscients, car quand un ministre veut instaurer une loi qui permette, dans un cas semblable, une justice accélérée (qui se justifie car elle apporterait des sanctions immédiates), il se fait rabrouer par certains de ses collègues du Gouvernement! prétexter la défense des droits de l'homme, c'est bien... les droits de l'homme honnête, mais pas les droits des êtres asociaux.

Il est vraiment triste de constater qu'à Fosses, un jeune comité des fêtes, formé de dévoués bénévoles pleins de projets, en soit arrivé à envisager de démissionner, de crainte de voir leur activités bousculées par des bandes de bagarreurs qui finissent par imposer leur loi, car ils savent qu'ils ne risquent pas grand-chose et que la Justice sera toujours très indulgente.

A la Croix-Rouge

La section de la Croix-Rouge de Fosses est l'une qui est sans doute parmi les mieux organisées. Ainsi, lors d'une soirée officielle précédant la quinzaine de vente de vignettes, on a appris que la section effectuait environ un millier de dons de sang et avait effectué une trentaine de sorties lors de différentes manifestations dans l'entité et la région.

Nos Chinels sont revenu de Louisiane.

Partis le mercredi 26 avril pour la Louisiane, où ils étaient invités à l'occasion d'un Festival, nos Chinels sont revenus le mercredi suivant avec des souvenirs plein la tète. Le secrétaire du groupe, Philippe Leclercq, nous a tait parvenir la relation de cette magnifique semaine passée aux USA.

Nous étions donc 25 Chinels et 14 Pierrots musiciens, partis de Fosses à 7 h 15 du matin avec arrivée à Bruxelles National à 9 h 15.

Première surprise, le décollage prévu à 11 h 15 est reporté à 23 h. Que faire en attendant : nous sommes partis pour une balade forcée à Bruxelles centre et le car est venu nous rechercher à 22 h pour enfin décoller à 1 h 30 du matin.

Le trajet de Bruxelles à New York (5.985 km), avec un décalage de 6 heures, nous fit atterrir à 2 h 30 du matin à New York. De là, nous devions prendre un autre avion pour la Nouvelle-Orléans (2.900 km) mais, rien pour nous, malgré les promesses de Continental Airline. Notre échevin B. Meuter alla arranger tout cela et trouver un hôtel pour se reposer. Il était question de nous séparer en trois groupes, pour la seconde partie du voyage, mais finalement cela s'est arrangé pour ne faire que deux groupes. O n prit enfin possession d'un hôtel à 6 h du matin.

Quelques heures de repos et le premier groupe qui se compose de 22 membres (dont je faisais partie) décolle à 12 h OS pour la Nouvelle-Orléans (et une heure de décalage horaire (en moins). Nous avons pu profiter de quelques heures en attendant le second groupe (avec B. Meuter), qui décollait cinq heures plus tard de New York. On prit un taxi pour se rendre dans le quartier français de la Nouvelle-Orléans, quartier splendide et magnifique (à voir).

Vers 20 h 30, le deuxième groupe arrivait à l'aéroport. Un car nous prit en charge en direction de Houma (environ une heure de route et à. les

Acadiens nous attendaient avec, comme guide, une dame pleine de dynamisme, Audrey qui s'occupa de placer tout le groupe dans les familles, afin que l'on puisse se rassasier, se rafraîchir un peu et aller dormir. L'accueil fut chaleureux pour tous dans ces familles.

Le lendemain, vendredi 28 avril, la matinée était libre et l'après-midi, notre guide Audrey avait organisé une visite en bateau dans les bayons (marais et de l'eau à perte de vue, toujours de l'eau... avec pour compagnons de voyage de fameux alligators. Le soir, réunion des Acadiens au cours de laquelle nous avons présenté une petite démonstration de danses (1/2 heure). Après un bon verre et quelques chants, nous sommes retournés dans les familles d'accueil pour une seconde nuit à Houma.

Le samedi, les familles et notre groupe se sont rassemblés près d'une école pour goûter de l'alligator, pour faire des photos et chanter ensemble notre hymne national et le Bia Bouquet... Tous turent enchantés de notre passage à Houma avec l'espoir de se revoir un jour. Certains membres de ces familles étaient très émus, mais nous devions partir.

Départ en bus d'école vers La Fayette, deux bonnes heures de route. A notre arrivée au Centre international, nous avons dû attendre un peu nos valises et la prestation qui était prévue s'est déroulée avec un peu de retard. Le public était en admiration, déjà avant de se mettre à danser, mais alors, quand la danse a commencé, ce fut le délire. On fut alors reçu pour un repas avec boissons, sous un grand chapiteau, où ce fut la grosse ambiance. Les Belges se sont fait remarquer mais dans le bon sens du terme, et cela dans une ambiance bon-enfant. Il était alors temps de faire connaissance avec nos nouvelles familles... pour un repos bien mérité. Dimanche 29 avril, une petite prestation le matin et une autre vers 15 h. Après le souper, nous sommes partis pour une petite balade en ville car le Festival international se clôturait vers 20 heures. Puis retour dans les familles.

Le lendemain, lundi 1er mai, nous nous sommes rendus au point de rendez-vous pour une prestation en l'honneur de quelques personnes âgées. Aux USA, on ne fête pas la fête du travail le 1er mai, mais en septembre. C'était donc pour eux un jour ordinaire. Nous avons alors pris le car vers Washington. Après une demi-heure de route, à la sortie d'une auto-route, nous avons été escortés par une voiture du Shérif de Washington pour nous conduire jusqu'à l'Hôtel de Ville, toutes lampes allumées et sirènes hurlantes. Nous avons été reçus par le maire de la ville M. Soileau. Puis, nous avons fait une petite démonstration, pour le public principalement formé des familles qui nous hébergeaient à Washington. Nous nous sommes retrouvés pour un repas au bord d'un lac et puis, répartition pour se rendre dans les familles d'hébergement. Ce fut, pour elles aussi, assez mémorable.

Le lendemain, mardi 2 mai, on redémarrait à bord du car du Shérif, en direction de La Fayette car le décollage était prévu à 9 h vers Houston. Nouveau problème : en raison du mauvais temps, pas de décollage. Et c'est en car que nous avons fait les 350 km. Partis de La Fayette vers il h, nous sommes arrivés à 15 h 20 à Houston pour décoller vers New York à 15 h 50. La course! Nous avons atterri à New York à 20 h 30 et ce furent de nouveaux problèmes pour l'hôtel. Heureusement, notre échevin B. Meuter se chargea de résoudre ces problèmes et tout rentra dans l'ordre Nous prîmes possession de 26 chambres d'hôtel vers 23 h 30.

Le mercredi 3 mai, temps libre à New York car le décollage n'était prévu qu'à 18 h 30 vers Bruxelles. Nous avons ainsi pu visiter une partie de cette immense ville (la statue de la Liberté, Wall Street, etc.) Nouveau décallage horaire qui nous fit arriver à Bruxelles à 8 h 30 et arrivée à Fosses vers 11h15.

Ainsi se terminait cette grande aventure pour les 39 participants à voyage, qui en garderont d'impérissables souvenirs. On retiendra E tout cas la chaleur de l'accueil (et la température aussi) et la bonne humeur de tous ces gens de Louisiane

Un grand merci surtout à not échevin B. Meuter, car grâce à tout les démarches, les difficultés c voyage furent aplanies.»

Le secrétaire : Ph. Leclercq

Avec la collaboration du Syndic d'initiative, nous aurons prochain ment une séance de projection q permettra de revoir tout ce qui s'e passé aux U.S.A. où notre folklore f mis à l'honneur.

Voici les 25 Chinels qui ont participé à ce voyage : Pol Populaire, Pascal Baufays, Julien Moret, Dimitri Lecomte, Marc Piret, Hector Gosset Raymond Vervotte, Joseph Lerut; Michel Mignon, Salvatore Lapagli André et Christian Godefroid, Willy et Thierry Michel, Bernard Meuter, Jean et Jonathan Cortese, Charly Deproot André et Michel Quarrez, Willy Wauters, Marcel Delvaux, Patrick Michel Philippe Leclercq, le porte-drapeau Miche Lebrun et parmi les musiciens tous étrangers, le tambour Sébastien Deproot.

 

Les prochains déplacements de i Société auront lieu:

- Les 27 et 28 mai à Vitry (près de Paris)

- Le 17 juin à Chapelle-lez-Herlaimont

- Le 18 juin, à Hautmont (près de Maubeuge)

- Les 24, 25 et 26 juin à Saumur.

Un week-end chargé à Fosses.

Le dernier week-end a été particulièrement chargé pour les Fossois vendredi À 18 h, les Croix de Guerre inauguraient une plaque au Monument Roi Albert et, À 19 h, c'était le vernissage d'une exposition sur la vie des civils pendant la dernière guerre. Samedi, l'arrivée des cycle-touristes du Roeulx était l'occasion d'une soirée festive, malheureusement contrariée par un orage inopportun et, en fin de soirée, de regrettables actes de violence gratuite. Dimanche, sous un ciel encore couvert, le pèlerinage à sainte Brigide amenait des dizaines de pèlerins À la chapelle et la fête des fleurs, comme l'après-midi de musique et de danses retrouvaient un généreux soleil, une chaude ambiance et un joli succès. Nous évoquons tous ces événements dans notre numéro de cette semaine.

 

Les Croix de Guerre

Le président provincial de l'Union royale des Croix de Guerre belges. M. Alfred Dufrasne, a voulu marquer le nouvel emplacement du monument du Roi Albert au square Chabot, en y apposant une plaque commémorative. Vendredi soir, devant les autorités communales [les échevins Charles, Lamy et Meuter, le bourgmestre et plusieurs conseillers étant retenus à Namur), le président et des membres du CPAS, mais aussi 12 porte-drapeaux et des représentants de sociétés patriotiques, des anciens de Corée et des drapeaux des groupements patriotiques locaux, ainsi que le major Grandelet. M. Dufrasne a rappelé que la Croix de Guerre, cette haute distinction patriotique, fut créée par le Roi Albert le 25 octobre 1915 pour honorer et mettre en exemple les soldats qui ont manifesté un acte de bravoure au combat. Le Roi lui-même reçut cette distinction le 14 mai 1919 au Palais royal. des mains de l'adjudant Meuriss9, accompagné de il soldats, tous Chevaliers de l'Ordre de Léopold : un Roi décoré par un sous-officier et des soldats, ce n'était pas courant!

L'échevin Meuter souligna À son tour le dévouement et la fidélité des groupements patriotiques locaux qui, loin de tout esprit revanchard, veulent surtout manifester leur attachement aux valeurs de la paix.

La plaquette fut alors dévoilée par l'échevin et le président provincial, avec dépôt de fleurs et la Brabançonne, tandis que s'inclinaient les drapeaux dans cette cérémonie simple et digne qui se termina par un vin d'honneur à l'Orbey.

 

Les civils dans la guerre

Quand on parle de la guerre. on voit surtout les combats, les armées, les prisonniers. Le Centre communautaire culturel de Fosses a voulu mettre en exergue les conditions de vie des civils durant la dernière guerre. Et pour ce faire, et en même temps impliquer directement le jeune public qu'on voulait informer, on fit appel aux écoles des trois réseaux de l'entité. Les jeunes ont ainsi déjà questionné parents et grands-parents pour récolter des souvenirs, des objets, des papiers... Le tout a été complété et orchestré par les responsables, en une exposition qui a rempli la salle L'Orbey et qui fut inaugurée vendredi soir en présence des autorités communales, de représentants de divers groupements locaux et du personnel enseignant. L'échevin Meuter remercia et félicita les promoteurs Maurice Moray, Jean Romain, Bernard Michel, les directeurs du Collège Saint-André, du Lycée, de l'école Saint-Feuillen et la directrice des écoles communales. lI souligna l'aspect non militaire de l'exposition et sa valeur éducative, formant le vœu que cette exposition soit visitée par de nombreux élèves, mais aussi par les adultes.

Et de fait, elle en vaut la peine : tous ceux qui l'ont vue ont manifesté leur admiration et leur intérêt devant tant de souvenirs. La pièce maîtresse est la reconstitution astucieuse d'un petit intérieur meublé selon l'époque, avec fond sonore des chansons des années 1940, de passage de discours du général De Gaulle ou de Hitler, de Radio Londres et de bruits de sirènes et de bombes, tandis que la fenêtre était éclairée de flashes lumineux évoquant un bombardement. Un montage très réussi, réalisé par des professeurs et des élèves du Collège Saint-André.

Sur des longues tables et sur des panneaux. des thèmes divers : les différents types d'avions allemands, anglais ou américains : Stukas; Junkers, Spitfire, Lancaster, forteresses volantes, avec des tracts et bandelettes métalliques brouillant les radars Ailleurs, la presse clandestine, des documents de la Résistance, des timbres de ravitaillement et de Peste des réquisitions de logements, une photo de « méchenage », glanage d'épis à la fin de la moisson... Et plus loin, des objets usuels : un pot dE grès pour garder des oeufs, un moulin à café (et à froment), un blutteur, une petite baratte d'amateur, des semelles de bois (que fabriquait Romeo Antoniel), etc.

Pour les anciens, ceux qui ont vécu~ ces années difficiles, que de souvenirs et pour les jeunes, avec de bonne explications. quelles leçons de vie, dE débrouille, de courage, quels exemples de modération dans les désirs, de privations même, mais aussi d'abnégation et d'espoir quand même.

Nous voudrions inciter tous les Fossois à voir cette exposition, modeste mais fort évocatrice d'une dure époque, mais hélas elle s'est terminée ce jeudi. Rendons donc hommage ceux qui l'ont réalisée, leur but sans. doute fut atteint apprendre aux jeunes que les facilités dont ils jouis sent abondamment maintenant, comme la liberté, fut acquise par leurs parents ou grands-parents voici soixante ans. Puissent-ils en tirer toutes les leçons.

 

Le Rœulx – Fosses

Les cyclistes rodiens (habitants de Le Rœulx) ont donc réussi leur pari relier St-Feuillen du Rœulx à

St Feuillen de Fosses le trajet était en tait de 84 km et Si ce fut un simple exercice de routine peur les cycle-touristes du Club, qui en font autant chaque semaine, ce fut un peu plus dur peur les amateurs et parmi eux, certains avaient dépassé rarement les 20 km en une seule balade Il y avait bien sûr des arrêts et l'itinéraire prévu longeait la Sambre. Mais le soleil tapait généreusement et la longue côte du Rabot à Mornimont fit s'allonger le groupe. Les « pros » étaient arrivés à la chapelle Sainte-Brigide bien avant 16 heures et s'octroyaient repos et rafraîchissements sur la terrasse du Home, tandis que les amateurs peinaient (parfois à pied) une bonne heure de plus ! Mais tous sont arrivés à bon port au lieu de regroupement et parmi eux quelques Fossois : Monika, qui a fait tout le trajet depuis Le Rœulx et aussi deux jeunes de 12 ans : Maxime et Pierre-Yves, qui ont rejoint le groupe à Châtelet et effectué ainsi les deux dernières étapes. Bravo à tous

Ils sont descendus à Fosses en deux groupes : « les c' pros » qui en avaient assez d'attendre (et l'un d'eux me dit que le plus dur pour eux, fut de rouler aussi lentement...); puis tous les autres, y compris le bourgmestre du Rœulx, M. Tesain, promoteur de ce rallye cycliste, venu... à tandem, et plusieurs membres de la Confrérie Saint-Feuillen. La plupart ont pu bénéficier d'une douche au Lycée, avant de revenir sur la place du Marché où ils reçurent, avec les Fossois cette fois, une autre douche, un orage qui déversa des trombes d'eau sur les tentes où ils s'étaient réfugiés. Mais ils avaient été accueillis par une aubade de la Philharmonique qui lança l'ambiance. Les retrouvailles entre les deux confréries, les rencontres entre les deux populations, furent chaleureuses et, bien arrosées de cette bière Saint-Feuillen bien implantée chez nous désormais.

L'orage avait éteint les barbecues mais Claude, le spécialiste, eut tôt fait de les rallumer et, une fois tables et bancs essuyés, un bon public mêlé put s'installer en écoutant la musique de jazz doux qu'interprétait le groupe de Didier Fahy sur le kiosque.

La soirée se passait donc bien agréablement pour tous et les bistros de la place étaient combles aussi. Il y eut, vers 23 heures, cette malheureuse intervention de violence stupide de quelques trublions qui sont en train de créer à Fosses un grave sentiment d'insécurité : les malheureux jeunes du tout nouveau comité des fêtes, qui avaient Si bien démarré avec leur souper aux meules et qui assuraient les buvettes sur la place, ont été la cible de ces terroristes et, découragés. se demandent s'ils pourront continuer à organiser des festivités publiques. Mais d'autre part, cette rencontre de populations liés au même saint patron fut un succès. On envisage, peur l'an prochain, d'organiser le retour : les Fossois au Rœulx. Et ça promet!

 

La Sainte-Brigide

Dimanche fut « un autre jour », un vrai jour faste avec, sur la colline de Sinte-Brye, le traditionnel pèlerinage aux baguettes, la fête des fleurs et une bonne après-midi de musique irlandaise et de danses de tous pays. Première tradition depuis plus de cent ans, la Philharmonique marque la fête de sainte Brigide en offrant une aubade aux hospiciens, autrefois, maintenant aux pensionnaires du Home. De beaux morceaux, joliment interprétés. sous la baguette du chef Claude Barthélemy. Le tout suivi d'un apéritif bienvenu. Des baguettes. il en était aussi question autour de la chapelle : plusieurs vendeurs dent les acolytes au profit de leur excursion annuelle, en offraient aux dizaines de pèlerins qui affluaient peu à peu. A 11 h, la chapelle était bondée jusque dans le porche et même dehors, avec les membres de la Confrérie St-Feuillen et la chorale autour de l'autel. La messe était concélébrée par le P. Michel Tassin (aumônier du Home), l'abbé Lejeune et le vicaire Goffaux, tandis que M. le doyen dirigeait les chants, soutenu par Marc Buchet à l'harmonium. Ce fut une belle messe, et le P. Michel souligna cette apparente contradiction de la tradition et de la nouveauté. Tradition douze fois séculaire, que ce pèlerinage des cultivateurs et autres qui viennent prier sainte Brigide de Kildare pour leur protection et celle du bétail, symbolisée par ces baguettes bénites. Avec l'évolution des techniques, les progrès de la médecine vétérinaire et la forte diminution des cultivateurs, le pèlerinage semblait s'essouffler : on en comptait plus que quelques éleveurs à ce pèlerinage du premier dimanche de mai. Et pourtant, dans notre monde en mutation rapide, il est important de se raccrocher à des racines solides, à des traditions ancestrales. C'est ce qu'a voulu la Confrérie Saint-Feuillen depuis l'an dernier, en relançant cette coutume déjà celtique et que nous apporta saint Feuillen en 650. Il semble bien que nos populations y furent fidèles depuis lors. Et parmi les pèlerins de cette année, certains pouvaient assurer le faire pour la 60e fois.

Spectacle impressionnant que toutes ces baguettes dressées pour la bénédiction, à la fin de la messe, et aussi cette procession rogatoire autre coutume ancestrale - dans la chapelle, en frottant les baguettes à la statue, puis, emmené par les confrères en bure, un triple tour extérieur en frottant cette fois la croix celtique, pierre remontant sans doute au VII s., scellée au chevet de. la chapelle.

Et puis ce fut la fête. D'une part, le marché annuel du comité d'animation du Home et de Social-Plus chacun put y trouver géraniums, tagètes ou autres bégonias pour garnir façades et terrasses. A côté, les dames du comité de la Croix-Rouge offraient une gamme de friandises. Et sous le chapiteau déjà l'orchestre irlandais Cruihne lançait des séries de mélodies traditionnelles celtiques ou polkas endiablées, gaéliques ou écossaises. Les repas furent rapidement servis (on a évité les longues attentes de l'an passé, au barbecue), dans une ambiance de plus en plus chaude. C'est que le soleil, finalement, était venu participer à la fête et y apporter sa joie lumineuse et sa chaleur. Le groupe Vitrifolk vint accroître encore l'ambiance par une série de danses roumaines, russes, israélites ou autres et chacune fut applaudie avec force. P. Parent, leur responsable, envisage pour l'an prochain six ou sept danses irlandaises mais c'est dur, dit-il. La bière Saint-Feuillen se vidait à pleins magnums, les tablées s'animaient, l'orchestre s'en donnait à cœur joie, répondant avec talent aux applaudissements répétés.

Et peu à peu, ce fut le chapiteau qui se vida, au soleil couchant, à part quelques irréductibles qui tinrent bon jusque 21 heures. Ce fut donc une belle journée, une remarquable réussite. Les Fossois ont ainsi retrouvé, en foule, le chemin de la chapelle. Vive nosse sinte Briye!

Coupe de la Province

Fosses éliminé

C'est malheureusement aux penalties que Fosses a perdu le droit de participer à la demi4inale de la Coupe de la Province. La rencontre s'est jouée samedi soir contre Bioul et, en raison du score nul (2-2> après le temps réglementaire, on eut recours aux bottés de penalties.

Le premier time allait permettre quelques essais fossois aisément contrés par la défense visiteuse (0-0 au repos). A la 55e E. Lorand se fait exclure et Fosses se retrouve à 10. Malhaise ouvre néanmoins le score à la 70e min., puis Viguié se fait accrocher dans le rectangle et Depammelaere convertit le penalty (2-0). Bioul, aux 78e et 85e min. ramène l'égalité.

Lors des penalties, Bioul devait s'imposer par 4buts à 2.

 

Div. 4 : Aisemont - US Auvelais : 2-2

C'est par un nul qu'Aisemont termine la saison après une dernière rencontre au cours de laquelle le score passa de 2-0 à 2-2 avant le repos. Le second time se déroula au petit trot.

Au cours de la saison, Aisemont a sans doute satisfait ses supporters et joua un moment la tête du classement. Les Gadîs espèrent faire mieux l'an prochain.